20 mars 2006

Table ronde Enssib au salon du livre

Lundi 20 mars, compte-rendu du débat organisé par l'Enssib :
"Tout change : soyons pragmatiques. Quoique."

Anne-Marie Bertrand, directrice de l’Enssib
Les bibliothèques sont réactives alors qu’elles devraient être proactives. Le « pragmatisme » et le consensus qui sont souvent de mise, pourraient n’être que des aveux de faiblesses, le signe d’un manque de théorisation, d’un manque de nouveau modèle de bibliothèques.
Peut-on trouver un nouveau modèle pour les bibliothèques pour orienter les changements à venir ?

Ghislaine Chartron, responsable de la Cellule veille scientifique et technologique à l’INRP
Le numérique est un facteur du changement : accélération des innovations, élargissement des concurrences, augmentation des productions. Le moteur devient le modèle central d’usage.
Les bibliothèques doivent oser et innover, en adaptant leurs formats et en proposant de nouveaux produits éditoriaux , des traitements de contenu à valeur ajoutée.
Néanmoins il n’y a pas de déterminisme technique : il s’agit souvent plus d’hybridation que de substitution (exemple : le papier, les usages, les communautés).

Dominique Lahary, directeur de la BDP du Val d’Oise
Il faut être à la fois pragmatique et visionnaire, à la fois praticien et théoricien.
Ce qui a été fait est très bien, mais les bibliothèques se heurtent maintenant au mur des 17% d’inscrits : c’est un mur numérique, social, sexuel et générationnel.
Le présupposé de la Médiathèque selon lequel « tous les supports se valent » est faux : un livre est lu en général une fois, alors qu’un morceau de musique est écouté plusieurs fois. Le présupposé selon lequel la Médiathèque est « hors marché » est également faux. Il faut en effet distinguer une gratuité publique, une gratuité marchande et la gratuité liée au don.
Les débats actuels parlent uniquement du dialogue industries/consommateurs (voir les titres d’articles de journaux « La loi sur le téléchargement » « La loi sur l’économie numérique »). Le problème est : comment faire exister l’espace public dans le débat public ?
Il faudrait reprendre en France la campagne de l’IFLA « at your library », pour pouvoir positionner la bibliothèque dans la société actuelle.

Sylvie Chevillotte, responsable Formist, Enssib.
Plusieurs exemples étrangers montrent des démarches possibles concernant la recherche en bibliothéconomie, en « library science ».
-à Berlin des étudiants ont conclu que la science des bibliothèques existait bien.
C’est l’étude « Library science : quo vadis ? »
-des tables rondes à l’American Library Association sont consacrées à la recherche bibliothéconomique
-dans plusieurs pays, dont la France, les formations de bibliothécaires incluent un volet de recherche : thèse ou recherche appliquée (stage sur place, correspondant à une demande réelle d’établissement)
-aux Etats-Unis les bibliothécaires ont un statut universitaire, ils doivent publier.
-en Australie, méthode de l'"evidence based librarianship"


Anne-Marie Bertrand, directrice de l’Enssib
En conclusion : les bibliothèques françaises ont besoin d’un nouveau modèle, accueillant, généreux, inventif, de qualité. Trois points peuvent illustrer ce propos.
-Les collections. Quelle évaluation ? Quels profils : éducatif, activiste, populiste ?
-Les horaires. Le plafond des 19h d’ouverture en moyenne, malgré les progrès techniques. Le travail interne est toujours valorisé, et la qualité de l’accueil et du renseignement est peu évaluée.
-La connaissance des bibliothèques étrangères. Elle est toujours faible et pourrait nous servir. Elle est parfois réduite à ses caricature (exemple des « minorités américaines », qui sont en fait non seulement ethniques et sexuelles, mais aussi géographiques, éducatives, etc).

Questions de la salle.
* Ces questions sont déjà anciennes. Des enquêtes sont demandées depuis longtemps sur différents sujets : qu’est-ce qu’un usager de bibliothèque ? quels sont les effets des politiques des établissements ?
* Peut-on créer une base numérique en ligne réunissant tous les mémoires des étudiants des différentes formations en bibliothéconomie ?
-AMB : l’Enssib peut avoir un rôle fédérateur sur les enquêtes et les mémoires, avec l’aide des établissement partenaires.
*Ne doit-on pas changer notre fusil d’épaule et passer d’une politique de l’offre à une politique de la demande ?
-DL : la prescription intégrale ou la réponse intégrale à la demande sont dangereuses, c’est l’évaluation de la demande qu’il faut mettre en place.
*Cette demande n’est-elle pas façonnée par les médias ?
*Il faut distinguer la « demande » et l’analyse des besoins, parfois non formulés.
*Qu’en est-il du rôle des politiques et leur vision des bibliothèques ?
-DL : Les bibliothécaires ne sont pas la seule source de légitimité, les acteurs politiques doivent être pleinement intégrés dans notre réflexion.
*Quels changements dans l’accès à l’emploi en bibliothèque ?
-DL : Le modèle actuel singe l’Etat (par les concours) tout en laissant liberté d’embauche aux collectivités. Il faudra soit obliger au recrutement après concours, soit supprimer les concours.*Il ne faudrait pas non plus singer le privé.

16 mars 2006

Improvisation geek

Si personne vient m'aider, il va falloir attendre que je maîtrise PHP et MySQL avant de voir émerger le wiki bibliothéconomique promis. :p

Comme je procède par essai erreur, ça va prendre un peu de temps (sans compter que je n'ai plus de connection internet à la maison :^p).
A tout hasard :
-Je souhaite utiliser l'interface MediaWiki.
-Durant l'installation je ne comprend pas comment effectuer les correctifs permettant d'utiliser EasyPHP 4.5
-Alors J'utilise Wamp à la place, mais est-ce une si bonne idée?
-Dans PhpMyadmin il "semble" nécessaire de créer une base et un wikiuser (ce n'est pas indiqué dans le guide d'installation), alors je le fais mais je ne suis pas du tout sûr de faire les choses correctement.
-En tout cas ça fonctionne par contre toutes les options du Wiki ne sont pas là. Est-ce du à un problème d'installation ou peut-on les ajouter manuellement ?

La suite au prochain épisode, sauf si un bibliogeek m'apporte ses lumières d'ici là.
Si ça tente quelqu'un je peux aussi tenter de prendre un stagiaire IUT/Licence pro dans mon établissement "Développer un wiki professionnel".

Ressources américaines



http://www.flickr.com/groups/librariancards/pool/
Les meilleures pratiques en bibliothèques publiques.
http://www.pla.org/ala/pla/resources/bestpractices.htm
Ressources extérieures référencées par l'ALA
http://www.pla.org/PLATemplate.cfm?Section=Resources

Les résultats d'une enquête sur la situation de la lecture dans les 70 plus grandes villes américaines (les relations statistiques entre librairies, bibliothèques, internet, journaux publiés, niveau de dîplomes de la population)

http://www.ccsu.edu/amlc/Factoids.htm

Titre intéressant pour cet article sur le financement de la création d'une bibliothèque historique : "Great libraries don't just happen" (les bonnes bibliothèques n'arrivent pas comme ça) http://www.syracuse.com/news/poststandard/index.ssf?/base/news-3/1139738106256200.xml&coll=1&thispage=1


Pour équilibrer ce tableau :
"Une semaine de congés payés, c'est le nombre de jours de vacances auxquels ont droit des gens que je connais aux USA, un autre beau pays, première puissance économique mondiale ( un rêve ). Il y a là de superbes bibliothèques dirigées par des managers, dans lesquelles la
moitié du personnel n'a aucune protection sociale, et quand on ne veut pas
accepter les conditions de travail, on vous vire."


http://listes.cru.fr/sympa/arc/biblio-fr/2005-12/msg00213.html

Comment couvrir le territoire ?

60 petites bibliothèques sont menacées de fermeture en Grande Bretagne. (Telegraph).
Le comté de Cumbria va remplacer 20 bibliothèque par des "library links" (relais bibliothèque dans des magasins ruraux) avec une centaine de livre et un ordinateur pour réserver des livres à la centrale.
Pour le directeur de la culture du Comté : "Si les livres se trouvent dans un commerce du village ouvert 50 ou 60 heures par semaines, alors pour moi cela offre plus de choix et des heures plus pratiques."
http://news.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2006/02/13/nlibrar13.xml

[Source : yahoo news, recherche "library"]

02 mars 2006

Projet Bibliopedia















En novembre 2004 nous discutions déjà sur Biblioforum de l'intérêt d'un portail collaboratif francophone sur les ressources et les pratiques bibliothéconomiques. Les initiatives web entre bibliothécaires étant aujourd'hui plus nourries, ça vaut la peine de tenter quelque chose dans ce sens.

Je vous présente donc le lancement du projet Bibliopedia.
Actuellement en Phase 1 : test pour voir comment ça tourne informatiquement.
Un premier résultat illustré ci-dessus. Y'a encore quelques bugs.
Phase 2 : l'hébergement et le nom de domaine.
Phase 3 : définir la structure du Wiki, les index, le contenu, rédiger quelques articles.
Phase 4 : test avec des contributeurs extérieurs.

Willy de la Conjuration, qui a géré un wikinet, m'annonce son aide (Merci ^^).


Dans le domaine francophone il y a des initiatives concernant des sitothèques collaboratives ou des articles thématiques dans Wikipedia, mais c'est seulement aux Usa qu'on trouve de véritables wiki bibliothéconomiques.


Sitothèques bibliothéconomiques francophones :

*L’ABF avait géré un annuaire collaboratif : Sitebib (Expérience close en 2002).
*L’Enssib pendant une période a référencé les Synthèses
de Biblio-fr et d'Adbs-info
.

* Actuellement actifs : Sibel et Compubib. Sites gérés par l'Enssib, propositions par les internautes. L'arborescence peut aller jusqu'à trois niveaux.

Wiki généraliste.

*Sur Wikipedia il existe bien le projet Sciences de l’information, mais ses
articles se doivent justement d’avoir un intérêt encyclopédique et historique,
(cf cette
discussion) ce n'est pas le lieu pour exposer de
multiples exemples pratiques d'un domaine professionnel, et qui plus est elle
n'accepte pas les annuaires de liens.

Wiki bibliothéconomiques (Etats-Unis) :

http://www.liswiki.com/ Les Sciences de l'informations et des Bibliothèques.
http://www.libsuccess.org/ Les meilleures pratiques en bibliothèque.

(Et aussi http://collib.info/ L'open access en Bibliothèque, avec un fil RSS pour suivre les nouveaux articles! http://www.digiwik.org La numérisation des documents http://instructionwiki.org/ La formation en bibliothèques)

23 février 2006

La relation entre bibliothèque et logiciels libres

Le réseau des bibliothèques de Brest s'engage de manière volontariste dans la diffusion des logiciels libres. Il propose à ses lecteurs d'emprunter un cédérom comprenant une sélection de ces logiciels : le message est d'inciter les emprunteurs à copier les programmes proposés. Dans chaque établissement, un bibliothécaire a été sensibilisé à la diffusion de ce cédérom et l'action a été accompagnée d'information dans la presse locale. Pas de chiffres de rotation, mais l'opération est déclarée être un succès.
http://www.creatif-public.net/article.php3?id_article=436
[Trouvé via http://reso.blogs.com/crealiens/2006/02/initiative_bres.html ]

Je trouve cela très intéressant : la diffusion et l'information grand public des ressources libres pourrait constituer un excellent "créneau", je veux dire un excellent axe d'actions spécifiques pour les bibliothèques. Ce serait en effet pleinement cohérent avec leur mission de diffusion de l'information à tous, au-delà des différences socioéconomiques. Et ce ne serait pas empiété par des actions massives issues du privé. Et l'usager non spécialiste aura toujours du mal à repérer et maîtriser ces contenus, qui bénéficient de peu de publicité et nécessitent des manipulations moins familières que les produits de grande consommation. Les bibliothèques pourraient incarner un pôle d'expertise technique et documentaire dans ce domaine, à l'heure où les mesures de protections des oeuvres vont s'imposer aux consommateurs.
Avec aussi des contraintes : pour développer un tel projet, il y a un problème de compétences (voire de compréhension des enjeux), ainsi que de coût (la formation et la maintenance, même pour le libre, ça représente un certain budget). Je parle, je parle, mais il faudra longtemps avant que je rêve d'y songer dans mon établissement.

En effectuant une recherche sur le sujet "logiciel libre" dans le catalogue de Brest, on retrouve le cédérom en question et les programmes des versions 1.0 et 1.2.

Je ne connais pas le réseau brestois, mais leur catalogue est clair et ils réalisent des actions innovantes. Voir aussi leur concours de poèmes sur des tickets de bus, de quoi nourrir les débats autour des animations poétiques sur Biblio-fr!

Dans Biblio-fr justement, une autre avancée très importante du SIGB libre annoncée par la société PMB (message "L'expérience Google avec PMB") : des notices de catalogues visibles via Google.
Leur site indique qu'on peut réaliser des équations de recherche pour explorer uniquement les catalogues PMB ("PooMBle"). Mais surtout il montre des exemples de requêtes Google génériques où des catatogues de bibliothèques arrivent parmi les 10 premières réponses.
http://www.sigb.net/poomble.php
Cela pourra s'avérer très intéressant pour les bibliothèques comprenant des fonds patrimoniaux ou rares. Mais au-delà , même pour des titres très communs, on pourrait imaginer une option "trouvez ce livre dans une bibliothèque près de chez vous".

20 février 2006

L'horreur bibliothéconomique

La thésaurisation ou le consumérisme, deux opposés tout aussi mortifères pour les bibliothèques.

LA THESAURISATION : L'AME DES MORTS.









Si le bibliothécaire se considère uniquement comme le gardien des mots, il joue le rôle symbolique et tribal de l'âme des morts. Il suffit qu'elle soit là. Même si on risque peut-être de l'oublier progressivement. Il ne faut pas la réveiller pour rien, l'âme des morts. [Ghostbusters]

Et si l'usager s'y risque encore, il est alors confronté à une horreur digne de The Ring, Dark Water et The Grudge à la fois. On ne leur épargne rien à ces pauvres usagers.
Vidéo : Library staff notice





LE CONSUMERISME : LA MORT DANS L'AME.



En voulant utiliser la bibliothèque comme une ressource uniquement personnelle, l'usager lui fait perdre son sens. La nature des collection lui échappe s'il ne peut pas en déceler l'unité et les articulations. Les règles d'usage en commun deviennent pour lui uniquement des règles arbitraires, voire des consignes morales étriquées.










L'horreur concerne alors l'avenir des professionnels : dans un film de survie, vous pensez que les bibliothécaires incarnent les hommes ou les zombies ?
Video : Night of the living dead librarian.




[Sources : Google Image, Paint, Google video - dont le contenu est depuis peu accessible depuis la France - recherche : librarian, library. Google video est à la fois un service de recherche et d'hébergement. La première video vient d'un festival de films étudiants, la deuxième d'un biblioblog danois.]

19 février 2006

Films promotionnels



Voilà une bonne vidéo promotionnelle de bibliothèque, qui cherche à susciter la démarche de l'usager.
(Ce qui pour le côté promotionnel est sans doute plus efficace que simplement expliquer ou montrer.)

[source : youtube.com et alltheweb.com, recherche "library".]

17 février 2006

To prevent a developing monkey from seeing its own limbs




















Ou de l'accoutumance au renouvellement rapide des biens culturels.
(Sur ce sujet, le Monde du 16.02.06)
( Illustration originale).

10 février 2006

La bibliothèque de Babel










Images trouvées via Google.com image et Alltheweb.com image (requêtes : babel library, babel bibliothek)
a
http://www.plan2quadrat.de/babel.htm
http://www.claudiarichter.de/Buecher/Buch2003-Einband.htm
http://www.walshgallery.com/images/artists/michiko_hoshino/michiko-hoshino.html
http://www.themodernword.com/borges/jlb_babel.html
b
http://www.buecher-nach-isbn.info/3-15/3150094976-Die-Bibliothek-von-Babel-Jorge-L.-Borges-3-15-009497-6.html
http://atelier-neun.de/images/grossbild/g006.html
http://chat.carleton.ca/~mmohamm3/3d%20modeling.htm
c
http://www.towerofbabel.391.org/borges.htm
http://www.stanford.edu/class/history34q/readings/textualizingscience/babelshort.html
http://www.revradiotowerofsong.org/pages/3/page3.html?refresh=1116277249043
d
http://jfsowa.com/ontology/causal.htm
http://ddm.caad.ed.ac.uk/~richard//MSc99/

Il existe un aussi un tag flickr ;) : "babel-library". http://www.flickr.com/groups/babel-library/pool/

La nouvelle en français : http://zombre.free.fr/pages_indispensables/bibliotheque_babel.htm
Un livre (et son fichier pdf) qui indique le nombre de page que contiendrait la bibliothèque de babel. http://thelibraryproject.wesleyan.edu/number.html
L'interface web qui irait avec la bibliothèque de Babel : on peut appuyer sur le symbole infini et remplacer la réponse. http://j.parsons.edu/~hiroko/fall_2000/interface/babel2.dcr
Numériser la bibliothèque de Babel, c'est long, mais c'est facile : http://hamete.org/babel/
Mais mieux vaut encore générer chaque ouvrage à la demande :
http://www.tlon.com/TLibrary_F/simBabel.html#Top

08 février 2006

Information illiteracy ou illiterate information?








Lu dans Tout sur l'école, d'Alain Bentolila.

Le danger de la télévision : c'est l'absence de message articulé.
Exemple utilisé: Parmi des enfants de 4 ans, 90% prennent un message antitabac pour un message en faveur du tabac, parce que la forme qu'ils ont le mieux assimilée via la télévision est celle de la publicité et non pas celle de la narration.

Le danger d'internet : c'est l'absence de but.
Le lycéen n'aura pas nécessairement la volonté suffisante pour ne pas se perdre dans les multiples choix que lui offrent les sites. Il va oublier les différentes pages par lesquelles il est passé, il va même oublier l'objet précis de sa recherche. Moins un élève a de connaissances, plus il lui sera difficile de concentrer sa démarche.

02 février 2006

Le plagiat sur internet

Vous savez peut-être déjà que le site Compilatio diffusera le 9 février les résultats de l'enquête " Les usages d'Internet dans l'enseignement supérieur ; de la documentation... au plagiat ".
Plus des trois quarts des étudiants déclarent avoir recours au « copié-collé » sur Internet [...]. Ces copieurs-colleurs estiment d'ailleurs qu'un devoir type contient au moins un quart de textes recopiés depuis Internet.
Source : Dépêche de l'Universalpressagency.com

Il faut remarquer que cette dépêche d'agence a elle-même été reprise au mot près dans différents médias. Les étudiants ne sont pas les seuls à copier-coller.

Trouver les sources "originelles" ou du moins pertinentes d'une information n'est pas forcément évident sur internet. Les étapes de transmission d'un message sont maintenant démultipliées, et (contrairement à l'exemple ci-dessus) elles peuvent aussi enrichir l'information, ou la rassembler de manière particulièrement intéressante. A tel point que le traditionnel "cité dans" utilisé dans le monde du livre, devient sur internet un problème : comment choisir entre les différents niveaux de "via" que l'on pourrait in indiquer ?
Ca m'énerve encore de voir des informations passées par mon blog simplement copiées-collées au mot près, mais c'est plus pour des raisons de convivialité réseau . ;)
Par contre, à titre méthodique ça m'intéresse toujours de savoir comment un blogger a (grosso modo) trouvé une information : équation de recherche ou parcours d'autres sites de référence.

Auparavant les étudiants pouvaient déjà copier dans des livres, mais maintenant on pourrait les évaluer sur la pertinence de leurs équations de recherches et sur leur manière d'indiquer leurs sources.

29 janvier 2006

Bruit et chuchotements















Bruit : C'est le bruit informatif.
Bruit : toute réponse non pertinente à une recherche documentaire. (Vocabulaire de la documentation, Afnor, 1993).
Le bruit devient assourdissant. (Dominique Lahary).
Le bruit fait peur aux bibliothécaires, pas aux utilisateurs (Dominique Lahary).
L'information devient le bruit de fond de l'univers. Dans le film Matrix, l'univers est un ensemble de données numériques qui voltigent - tels les organes errants conçus par Empédocle.

Chuchotements : C'est le discours subjectif.
C'est la lecture intérieure. Les échos du bruit extérieur, leur reprise en nous, qui forme sens.
C'est aussi le chhhut du bibliothécaire dans la salle de lecture. Ce sont les commentaires que font les lecteurs à voix basse (concernant leur lecture, suppose-t-on).
C'est un discours imperceptible, secret, peu cohérent, moqueur, rancunier. Ce sont les échanges des protagonistes de Cris et chuchotements : chuchotements qui incarnent aussi bien l'hypocrisie que le rappel de quelques souvenirs communs.

La Lecture publique :
Pour moi, c'est la conjonction du bruit et des chuchotements.
Notre compréhension intérieure du monde (chuchote chuchote) doit pouvoir s'appuyer sur une sphère publique cohérente (bruisse bruisse) : un socle commun de moyens, de savoirs, d'échanges.

Et cela n'a rien d'évident. Vouloir être bibliothécaire de lecture publique, c'est un peu comme si Neo débarquait dans un film de Bergmann pour tenter d'y solutionner les problèmes métaphysiques.

2.0














Culturellement, faut-il se navrer ou non de Bambi 2 ? Je n'en sais rien. Je sais juste qu'il y a encore cinq ans, "Bambi 2" n'aurait pu être qu'un titre de parodie. Il est donc maintenant reçu que des figures de récits puissent être des manifestations évolutives et quantifiées au sein d'un flux culturel. Comme Amphitryon 38 de Giraudoux.

Et concernant le monde de l'information et les bibliothèques, me direz-vous ?
Hé bien, il n'est sans doute pas anodin d'utiliser des numéros de versions informatiques pour qualifier un système d'information dans son entier (web 2.0), voire une politique publique (library 2.0) . Cela montre combien l'informatique -l'automatisation de l'information- gagne notre manière de nous exprimer et de penser :

-L'idée de raccourci. Il suffit de dire "2.0" pour qu'on comprenne (ou pas) qu'on se réfère aux modifications des formes de l'information par l'usager.
-L'idée de discontinuité-dans-la-continuité. La version 2 c'est vraiment pas la même chose que la version 1. C'est un nouveau paradigme. En même temps, les versions x.1, x.2, x.3... par leurs corrections successives, ont annoncé et préparé la version x+1.0.
-L'idée de progrès. L'évolution est faite pour se poursuivre : on ne dit pas "web 2" mais "web 2.0". Le temps travaille pour le bien. Soyez à la page ou ratez le coche.
-L'idée d'uniformité. L'évolution sera identique pour tout le monde, ce sera la version 2.

Quelques phrases de bibliothécaires, pleines de ces différents présupposés (dont moi-même, nul n'est parfait) :
Bibliobsession : bibliothèque actuelle = bibliothèques 1.8 aux USA et 1.1 en France ;-)
Marlene's corner : on est quand même en 2006, quoi, au temps du web 2.0 et bientôt 3.0, et il faut encore se taper de la liste statique, on croit rêver !
Bruit et chuchotements : La question que je me pose : est-ce que ces aspects-là vont se développer dans une nouvelle tendance historique (celle des bibliothèques version 2.1) ?

Sans ignorer l'importance grandissante du facteur technologique, ce n'est néanmoins pas le moteur unique, impératif et efficient de l'ensemble des évolutions. La personnalisation de l'information via les sites 2.0 peut éventuellement apporter plus de liberté à l'usager, mais seulement si un ensemble d'autres conditions pratiques, économiques, réflexives et culturelles sont également réunies. L'expression 2.0 utilisée en dehors de l'informatique est juste une facilité de langage, à potentialités idéologeeks.

Un contre-exemple avec le blog Tangognat : Library 360 et Library 2.oh.
Someone comes up with web 2.0, so we must have Library 2.0, because it sounds all 2.0ish! So I’m determined to start a new movement called Library 360.
[...] I think it is very easy for those of us who are comfortable with libraries and technology to automatically assume that just because we’re doing something new, it needs to be transferred to library patrons. The latest development in social software is probably not of much interest to the average public library patron, and I don’t think it should be. As a library patron, I don’t want my public library to be “2.0″, I just want it to be open on the weekends during the summer so I can actually be able to go there and check out books.

Et des perspectives avec Blyberg : 11 reasons why library 2.0 exists and matters.
I’ll admit (again) that “Library 2.0″ probably isn’t the best label. That assumes that everything that came before now was “Library 1.0″ (including Alexandria). That’s silly. I’d suggest, then, that the term was coined amidst a flurry of excitement, partially spurred by Web 2.0, but mostly by the promise of an exciting new era in modern librarianship. Instead of arguing over the efficacy of a label, look inward and evaluate your own institution’s efficacy.

25 janvier 2006

Utilisation du web 2.0 en interne








En utilisant les outils du web 2.0, on peut maintenant développer dans sa bibliothèque des fonctions s'approchant de celles d'un intranet, sans moyens spécifiques et sans compétences particulières.

Démonstration.

Je prends protopage, et je crée une page de démarrage telle que celle là (exemple fictif). En débloquant le numéro de la page, je la rends publique et accessible de n'importe quel poste via son url (les modifications restent protégées par un code).
On peut ainsi transmettre en temps réel des informations complexes : on peut rédiger des textes comprenant un message descriptif, un lien internet, un lien vers un fichier word/excel de son réseau, un fil rss, une autre application 2.0 (écritoire, calendrier, signets). (Si vous connaissez des logiciels de planning horaires, je suis preneur).

Il ne reste plus qu'à avoir l'équipe de bibliothécaires 2.0 qui va avec.

+ edit : calendarhub permet de créer des fils rss à intégrer sur cette page.

23 janvier 2006

Classification par couleurs


Une librairie de San-Francisco a classé pendant un mois ses livres en suivant la classification chromique Pantone.(via Blogorelli.)

22 janvier 2006

Les représentations du bibliothécaire

Les bibliothécaires déplorent parfois la fausseté des représentations que l'on se fait de leur métier. Il faut pourtant distinguer différents niveaux dans ces représentations :

DANS LA CULTURE (MENTALITES ET ARTS)

Il s'agit là d'idéalisations ou de caricatures. Le bibliothécaire est utilisé comme un type psychologique, voire même comme une métonymie symbolisant la culture.



DANS LES RECITS HISTORIQUES

Les bibliothécaires sont avant tout reconnus pour leur rôle important de protection, copie et transmission des oeuvres, lorsque celles-ci avaient un nombre restreint d'exemplaires (et étaient donc peu accessibles). Les figures marquant des étapes de diffusion vers le grand public (Dewey, Ranganathan, Morel...) sont surtout connues par les bibliothécaires eux-même.



DANS LES DISCOURS PROFESSIONNELS

Les bibliothécaires doivent concilier leur rôle de conservation, de promotion-médiation, et d'évaluation-organisation.



IN SITU


Pour l'usager, au moment de son utilisation de la bibliothèque, ce sont d'abord les représentations pratiques qui vont entrer en jeu : les tâches effectuées par le bibliothécaire, son accessibilité, son efficacité, la nature des services rendus dans l'établissement. Ces représentations pratiques peuvent être inconsciemment reliées aux autre images (culturelles, historiques, professionnelles), ce qui peut entraîner des contradictions ou des surprises. (De type : "Comment, vous jetez des livres?")

Ces dernières représentations de type pratique ne doivent pas être uniquement considérée comme un point de vue erroné, ou un préjugé culturel de l'usager.
Prenons par exemple ce message de la dernière promotion de conservateurs de bibliothèques :
"...nous espérons obtenir une plus grande visibilité de notre métier à l'extérieur de la filière des bibliothèques. Un métier qui, comme la coupe de cheveux de Georges Perec, peut encore paraître folklorique voire "poussiéreux" à de nombreuses personnes. Or aujourd'hui, les conservateurs s'appliquent à ce que les bibliothèques soient des centres d'innovation et de ressources, des laboratoires multimédia et multisupports, sans oublier leur vocation d'ouverture culturelle vers tous".
Les conservateurs s'appliquent à être ultramodernes... donc les usagers ont tort ne pas s'esbaudir devant leur magnifique profession et les services qu'elle leur rend. Pourtant, si les usagers ont une image indifférente de ce métier, c'est peut-être aussi que les grandes innovations (comme l'OPAC) sont généralement moins efficaces que ce qu'on trouve dans le privé (comme l'interconnection des DAB, les modes de recherches offerts des sites commerciaux) ou encores simplement inadaptées au grand public (comme les bases de données).
A titre personnel je m'intéresse aux images qu'on se fait de notre profession. Mais concrètement, c'est l'image des services qu'il faut oeuvrer à améliorer, par leur développement et l'information qui est faite auprès des usagers. L'image des bibliothécaires ne s'améliorera jamais que par sucroît.

Divers liens sur ce sujet :
*Un site dédié aux images des bibliothécaires :
http://www.librarian-image.net/
*
Colloque les 12 et 13 mai sur les représentations de la bibliothèque dans la littérature contemporaine .
*La
plaquette promotionnelle de l'ADBS (via Docsphère).
*Récits "in situ" par un B.A.S de la nouvelle BU Chevreul à Lyon 2
http://membres.lycos.fr/biblio2001fr/travail_en_bibliotheque/image_du_bibliothecaire.htm http://membres.lycos.fr/biblio2001fr/travail_en_bibliotheque/Des_etudiants_et_nous.htm
*La
représentation des habits de bibliothécaires sur Ebay.
*Un numéro de la Revue du CRDP Montpellier consacré aux bibliothèques.
http://www.crdp-montpellier.fr/ressources/frdtse/frdtse44som.html
(dont "Le portrait du bibliothécaire dans quelques romans du XXe siècle : de l'éloge au blâme") .
*Des articles du BBF :
Bibliothèques de lecture publique : Pour une nouvelle visibilité.
The image and the role of librarian
Entre clichés anciens et représentations réalistes : Quelques images récentes de bibliothécaires
Bibliothécaires et universitaires : la situation au Royaume-Uni
L'accueil en bibliothèque
Le métier de bibliothécaire : Un ensemble de pratiques confuses et discontinues

20 janvier 2006

Des endroits où s'attarder et se mêler











La bibliothèque ne se réduit pas à son contenu, écrit dans un article du Christian Science Monitor un ancien bibliothécaire de Harvard. Selon lui, si l'on veut comparer les bibliothèques physiques et les bibliothèques numériques, il faut comparer leurs collections mais aussi leurs usages possibles respectifs.
"La vision actuelle de la bibliothèque numérique repose sur une idée profondément biaisée : que la fonction des bibliothèques est de relier des lecteurs individuels avec des textes isolés."
"Les ingénieurs ont une malheureuse tendance à voir le monde en termes mécaniques, comme un ensemble de problèmes qui attendraient d'être résolus. Par conséquent, ils se focalisent facilement sur les problèmes les plus évidents et réductibles - comme celui de retrouver un livre dans un rayonnage - en ne tenant pas compte des dimensions plus subtiles et qualitatives de l'expérience humaine. Nous avons besoins de livres, certes, mais il semblerait que d'une certaine manière nous ayons aussi besoin d'endroits physiques pour les lire, ensemble. C'est pourquoi une collection de livres numériques n'est pas plus une bibliothèque qu'une réserve de toiles ne serait un musée."

On pourrait discuter sur les capacités du numérique à fournir de nouveaux modes d'échange et de collaboration, et chercher à voir comment ils pourraient s'articuler avec les modes de socialisation "sans outils".

Néanmoins, je vois une autre spécificité importante des bibliothèques physiques : elles donnent la possibilité d'appréhender spatialement des collections, ce qui permet le repérage, voire l'appropriation d'un corpus. Je serais assez favorable à une vision "multimodale" (comme dirait A.Caraco), où la recherche plein texte (avec un moteur, au sein d'une collection quasi-illimitée), pourrait s'articuler avec la recherche physique et le feuilletage (au sein d'une collection raisonnée et plus réduite). Pouvoir foncer sur des informations avec Google, et pouvoir se représenter des domaines de connaissance et leurs articulations avec les rayons physiques.

17 janvier 2006

Le feeling bibliothécaire



Lu dans le roman d'Emmanuelle Pireyre, Comment faire disparaître la terre (Seuil 2006):

p120.
"le système d'indexation inventé par Melvil Dewey consiste à fendre les choses"
...C'est clairement le problème : comme on a besoin d'effectuer une classification physique des documents, on est obligé de faire des séparations tranchées. Tout dépend donc de la clarté des disjonctions que l'on choisit.

p122-123.
"Les rayons Littérature sont incompréhensibles, tout le chaos du monde est encore intact, oublié de tous. Voici comment les choses se passent.
Voici un bibliothécaire muni de son intellection bibliothécaire et de son feeling de bibliothécaire, qui débute une très belle journée ensoleillée assis derrière sa table de prêt. On lui remet un livre neuf qu'il va devoir classer pour la première fois dans le rayon Littérature : il lui faut choisir de manière arbitraire entre R Romans et 840 Littérature française, le classificateur lui laissant une autonomie totale; c'est alors justement là qu'il fait appel à son fameux feeling bibliothécaire qu'il exercera et affinera d'année en année et qui doit réparer le manquement de classification. Le feeling laisse venir à lui le livre neuf, il attend, il est patient, il sent le soleil, il ne précipite rien, une idée commence à monter en lui, il entend une musique de piano, il sent enfin comment orienter la circulation des ouvrages; après un certain temps, il sait si le livre est plutôt un roman ou plutôt une littérature. Il peut aussi arriver qu'un feeling agacé ou pressé par des montagnes de travail expédie un livre en 841 Poésie."


Le feeling bibliothécaire, usage pragmatique : permet d'agir dans les situations complexes encore non clairement débroussaillées (par exemple conception, choix et évaluations touchant à la diffusion de la culture).
Usage polémique : permet parfois de faire passer de l'ignorance pour de la finesse de jugement.

16 janvier 2006

Biblioblogs français

Cette liste n'est plus tenue à jour, elle est remplacée par :

http://biblio.wikia.com/wiki/Biblioblog

Une liste qui pourra être complétée et re-catégorisée... signalez-vous !

Vous pouvez aller vous signaler vous-même sur le wiki!

*BLOGS PRO (thématiques uniquement liées aux tâches professionelles)

http://jhoupier.free.fr/

http://marlenescorner.blogspirit.com/
http://morinn.wordpress.com/
http://michel.p.roland.free.fr/blog/resalt/resalts.html

*BLOGS PRO-DOC (à thématiques documentaires spécialisées)
http://blogofil.blogspot.com/
http://www.precisement.org/blog/

http://www.servicedoc.info/

*BLOGS PRO+PERSO (thématique centrale sur les bibliothèques, mais peut changer selon les billets)

http://www.figoblog.org/
http://blogokat.canalblog.com/

http://membres.lycos.fr/biblio2001fr/travail_en_bibliotheque/journal_2006.htm http://www.laconjuration.net/
http://bibliobsession.over-blog.com/


http://vagabondages.blogspot.com/

http://bibliohunter.hautetfort.com/

http://docteur.net.free.fr/dc/

http://www.neuromancien.blogspot.com/ (et podcast http://oledeuff.podemus.com/ )

*BLOGS PRO-LOW (blogs d'aspirants à la titularisation)

à tendance pro+perso http://tribunelibre.typepad.com/

à tendance perso http://unefilleapaillettes.hautetfort.com/mon_taff/


*BLOGS INSTITUTIONNELS

http://blogformist.enssib.fr/
http://urfistinfo.blogs.com/
http://jeremie.grepilloux.free.fr/bdan-anne/wordpress-1.5.2-strayhorn-fr_FR/wordpress/?p=8 (Blog que l'on suppose lié à l'université Grenoble 2.)


*BLOGS D'ETABLISSEMENTS

http://biblio-st-michel-de-maurienne.over-blog.com/
http://bibliothequedelyons-la-foret.hautetfort.com/
http://bibdij.over-blog.com/ Bibliothèque IUT Dijon

http://biup.over-blog.com/ Bibliothèque Interuniversitaire de Pharmacie Paris V


*BLOGS PEDAGO (réalisés dans le cadre d'IUT et de licence pro)

http://popoyt.free.fr/bloglebricoleur/

http://bibliothequesnumeriques.over-blog.net/
http://julie.belou.free.fr/bibloup/

, etc...

*BLOGS EXTRAPRO (à thématiques connexes aux bibliothèques).

http://affordance.typepad.com/ TICS et Sciences de l'information.

http://www.echosdoc.net/ Sciences de l'information

http://culturetic.canalblog.com/ TICs
http://blog2doc.over-blog.com/ TICs

http://martinjacques.blogspot.com/ TICs

http://misstics.canalblog.com/ TICs

http://zaphir.canalblog.com/ TICs

http://metiers-info-doc.joueb.com/ Métiers de l'infodoc (inactif)
http://lafeuille.blogspot.com Edition

http://www.souslapoussiere.org/blog Archives

etc...

*BLOGS PERSO (réalisés par des bibliothécaires qui ne parlent pas de bibliothèques, et d'ailleurs pas forcément de leur vie privée )

http://alain.caraco.free.fr/blog/ (les transports en commun et la cuisine)

http://lou-coucaril.blogspot.com/ (la vie culturelle dans la région parisienne)

http://passiondeslivres.over-blog.com/ ("je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion" ^^)
http://mmdl.free.fr/blog-m/ (culture)

http://findepartie.hautetfort.com/ (culture)

http://missmilly.canalblog.com/ (couture)

La tentative d'exhaustivité amène des questions : peut-on placer une limite entre blogs bibliothèques/documentation/infodoc ? Et comment séparer blog pro et perso, alors que c'est souvent une affaire de degré dans le ton et le traitement ?

Est-il intéressant de citer tous les blogs d'étudiants ? (problème des redites d'informations, qui vous aller croissantes) (mais problème aussi de la perte éventuelle d'informations si on ne les cite pas) . Sans compter les divers blogs internes qui doivent se multiplier également.

...Et puis pourquoi parler uniquement de blogs finalement, quand d'autres sites perso ou institutionnels adoptent des formes différentes et tout aussi réactives? (site web régulièrement rafraichis, forums, wikis).

Biblioblogs mondiaux

Listes internationales (et très majoritairement anglophones) de blogs écrits par des bibliothécaires...

*liste par ordre de popularité (=par nombre de liens entrants et sortants journaliers).

http://www.pubsub.com/lists/librarian.php

* par localisation géographique

http://www.frappr.com/blogginglibrarians
http://www.libdex.com/weblogs.html

* par ordre alphabétique
http://librariansindex.blogspot.com/
http://pscontent.com/od2/opendirectory.php?browse=/Reference/Libraries/Library_and_Information_Science/Weblogs/
http://dmoz.org/Reference/Libraries/Library_and_Information_Science/Weblogs/
http://directory.google.com/Top/Reference/Libraries/Library_and_Information_Science/Weblogs/

* listes sélectives
http://www.ipl.org/div/blogs/#libraryblogs

http://blog-bib-liblogs.blogspot.com/
http://www.lii.org/pub/subtopic/595

*listes sélectives établies par divers utilisateurs de bloglines :

http://www.bloglines.com/public/BlogOKat
http://www.bloglines.com/public/nmorin
http://www.bloglines.com/public/marlene
http://www.bloglines.com/public/LibraryStuff
http://www.bloglines.com/public/Bibliophile
http://www.bloglines.com/public/LibrarianKat
http://www.bloglines.com/public/libraryman

*Outils pour repérer les tags
http://del.icio.us/search/?all=librarian
http://blogmarks.net (essayer bibliothèque)

(Le problème c'est que les tags "library" ou "bibliothèque" renvoient aussi vers des répertoires d'add-on informatiques... Le bruit nous prend en traitre.).

*Outils pour surveiller les nouveaux billets
http://groups.blogdigger.com/groups.jsp?id=33
http://www.pubsub.com/
http://www.google.fr/blogsearch?hl=fr

*Et les bibliothécaires ont maintenant une radio sur internet.

http://lisradio.missouri.edu/

13 janvier 2006

Bien trop de livres ?


"Bien trop de livres ? Lire et publier à l'ère de l'abondance" est un livre très stimulant intellectuellement. Plutôt que de simplement déplorer, comme le font beaucoup d'éditorialistes, le manque d'intérêt (supposé) de la majorité des publications, il pousse plus loin l'analyse. Il montre que ce qui menace la richesse de l'information, ce n'est pas en soi le nombre important de publications. Ce serait plutôt leur inadaptation (dans le cas d'oeuvres faites plus pour être écrites que pour être lues). Et surtout le manque de médiations adaptées : médias, critiques, libraires, bibliothèques, université, conversation. C'est l'uniformisation de ces médiations qui serait le vrai facteur de perte d'informations. Et non pas la diversité des livres eux-même, qui ont de toute façon à toutes les époques été toujours trop nombreux pour être appréhendés par un seul esprit.

"Que nous importe d'être cultivé, à la page et d'avoir lu tous les livres? Ce qui importe c'est notre façon de sentir, de regarder, d'agir, après avoir lu. Si la rue, les nuages et l'existence des autres ont quelque chose à nous dire. Si lire nous rend, physiquement, plus réels."

Un autre aspect de cet ouvrage est de rappeller les avantages intrinsèques au support du livre, dont certains sont tellement évidents qu'ils passent inaperçus. Le livre est pratique, il n'a pas besoin d'appareil de lecture, d'outil, pour être lu. Il permet un rapport direct, une maîtrise globale. C'est pourquoi des livres servent de mode d'emploi aux nouveaux médias, et pas l'inverse.
Peut-être que le papier électronique permettra aux nouveaux médias de se réappropriers ces avantages, donc non pas de remplacer le livre mais de l'améliorer. Comme la roue, le feu ou l'alphabet, le livre resterait donc selon l'auteur une invention fondementale qui n'aurait pas vocation à être dépassée.

11 janvier 2006

***DOGMA***



Bonjour.
Enervement. Incompréhension. Interrogation. Je ne savais pas quoi faire de ces énergies contradictoires qui me prennaient à lecture de messages de la liste professionnelle de ce qui est mon métier. J'ai besoin d'avoir une conscience professionnelle, y compris au quotidien. Alors voilà. J'ai fait mon Dogma, avec la même arrogance, la même improvisation et la même infidélité que Lars Von Trier. A titre personnel, professionnel, anonyme. Allons-y.


DOGME I.
*BIBLIOTHÉCAIRE, C'EST MON MÉTIER.*
Ce n'est pas mon essence morale. C'est un des métiers qui existe dans la société, qui me donne un rôle et une rémunération.
Faisons-le bien.

DOGME II.
*BIBLIOTHÉCAIRE, C'EST UN MÉTIER AUQUEL ON PEUT S'INTÉRESSER.*
Si l'on y met un peu du sien, au-delà d'inévitables tâches répétitives, on peut trouver des satisfactions dans les tâches liées à l'organisation, à la culture, à l'animation, au renseignement.

DOGME III.
*BIBLIOTHÉCAIRE, C'EST RÉEL.*
C'est donc soumis aux mêmes grandeurs et vicissitudes que tout métier. Incompétents bouffis, modèles motivants, mauvaise foi, courage, situations aliénantes, accomplissement de soi, petits chefs cruels, collaborations réussies.

DOGME IV.
*C'EST MOI QUI DOIT M'ADAPTER A LA LECTURE PUBLIQUE, PAS L'INVERSE.*
Si en plus il se trouve que mes valeurs correspondent à la Politique publique que je suis chargé d'appliquer, alors c'est tant mieux pour moi, et c'est tant mieux pour les administrés.

DOGME V.
*L'ÉVALUATION, C'EST PAS POUR LES COCHONS.*
Mon implication personnelle dans mes valeurs ne garanti pas à elle seule leur réalisation concrète. Alors j'ai le devoir de mesurer, d'évaluer, et de rendre public ce que je fais.

DOGME VI.
*LA CULTURE EXISTE, JE L'AI RENCONTREE.*
Je dois pouvoir comprendre à la fois la culture élitiste et la culture populaire, et ne pas relativiser l'une ou l'autre simplement parce qu'elle me serait inaccessible.

DOGME VII.
*JE DOIS ENCORE ME CULTIVER.*
Il n'y a rien de bon à ignorer encore beaucoup en informatique, en communication, en politique, en économie, en mathématiques, en critique littéraire, en psychopédagogie, en sociologie, en systémie, voire en histoire des bibliothèques.

DOGME VIII.
*JE DOIS ÊTRE LE PREMIER À NE PAS CROIRE AUX REPRÉSENTATIONS QU'ON SE FAIT DU BIBLIOTHÉCAIRE.*
Toute profession trimbale sa symbolique. Cela peut se manifester de manière idéalisée dans les représentations littéraires, mais beaucoup plus concrètement dans la relation directe que l'usager a avec moi : il me voit tantôt comme un intellectuel, tantôt comme une bonne soeur, tantôt comme un caissier. Mais ce serait uniquement de mon fait si je me prenais moi-même pour une de ces images.

DOGME IX.
*LE NON-MARCHAND ET LE MARCHAND ONT UNE ÉGALE DIGNITÉ.*
Ils sont co-nécessaires. Vilenies et prodiges se produisent dans le marchand comme le non-marchand.
Je n'ai pas de sauf-conduit moral offert avec ma dignité de bibliothécaire.

DOGME X.
*LA BIBLIOTHÈQUE, C'EST BEAUCOUP ET C'EST PAS GRAND CHOSE.*
Je peux savoir que la bibliothèque est très importante pour moi (c'est mon quotidien) mais qu'elle est un peu moins importante dans l'absolu. Je peux me la représenter parmi d'autres bibliothèques en général, de France ou de l'étranger. Je peux me la représenter jouant son rôle, engrenage parmi d'autres institutions de culture, d'information et d'éducation. Je peux me la représenter, dans sa grandeur et dans sa petitesse, parmi l'histoire, parmi la société, parmi la vie des autres.

Dimanche





Jean-François Jacques, ancien directeur d'Issy-les-Moulineaux
"Selon mon expérience, de novembre à mars / avril, [c'est] le plus gros jour de la semaine en prêts comme en nombre d'entrées ; des usagers nouveaux, qu'on ne voit pas le reste de la semaine "

Un bibliothécaire d'Issy-les-Moulineaux
" Le problème me semble donc celui d'un équilibre à rechercher entre les contraintes de ce type d'ouverture à mes yeux légitime en préservant aumieux une qualité/rythme de vie hors travail "normale"."

Extrait du Métier de bibliothécaire
"On peut espérer qu'une évolution des régimes indemnitaires ainsi que de l'état d'esprit des professionnels comme des tutelles permette un élargissement de ce service, très précieux pour les publics et très cohérent avec le souci des bibliothèques de conquérir de nouveaux publics. "

Gérarld Grunberg, directeur de la BPI
"Je prétends qu'il y a urgence à ouvrir nosbibliothèques le dimanche pour tous ceux qui n'ont d'autres lieux pour lire,qui ne peuvent ni ne veulent le faire chez eux."

Message sur Biblionline
"Nos élus souhaitent à notre grand regret ouvrir le dimanche ! Nous souhaiterions avoir de nombreux arguments pour les en dissuader. Pouvez vous nous aider SVP."

07 janvier 2006

Le non-commercial : un concept négatif ?


Dans le cadre du Dadvsi. Selon cette brève du 23 décembre sur le site de l'interassocation archivistes-bibliothécaires-documentalistes, des autorisations seront nécessaires pour la simple récitation, lecture ou dictée d'oeuvres dans le cadre scolaire.

L'accès public et gratuit à une ressource est donc considéré a priori comme une dépréciation du travail de son créateur. Les usages non commerciaux ne sont pas perçus comme pouvant avoir une existence propre et positive, mais uniquement comme détournant l'usage commercial légitime. Alors même que le prêt gratuit est une aussi étape importante, voire bénéfique, dans la diffusion d'une oeuvre. Sans parler des usages de recherche universitaire.

Avec la contrainte d'établir un contrat pour chaque usage, et les multiples possibilités de blocage qu'offrent les supports numériques, alors pour les bibliothèques la consultation, le prêt ou la citation d'une oeuvre nécessiteront vraisemblablement des paiements ou des négocations entre chaque éditeur et chaque établissement.

***
Edit : Un document est signalé sur Culturetic, le "Rapport au ministre de la culture et de la communication sur l'accès aux oeuvres numériques conservées par les bibliothèques publiques".
Qui proposait dès avril 2005 de rémunérer les oeuvres consultées sur place, soit par la bibliothèque, soit par l'usager.

29 décembre 2005

Commentaires sur l'enquête de l'OCLC

"LA PERCEPTION DES BIBLIOTHEQUES ET DES SOURCES D'INFORMATIONS."
http://www.oclc.org/reports/2005perceptions.htm
C'est le titre d'une enquête de l'OCLC menée via internet auprès de 3300 personnes anglophones (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Autralie, Inde, Singapour).
La conclusion de l'OCLC est que l'image des bibiothèques est positive mais vieillie (car associée aux livres et non pas aux bases de données) et qu'il faut donc communiquer plus et "rajeunir la marque " (rejuvenate the brand).

Recension et commentaires.


MOTEURS DE RECHERCHE VS BIBLIOTHECAIRES ?

* 84% des personnes interrogées commencent une recherche électronique par un moteur (et parmi ceux-ci, par Google à 62%).
[Résultat à nuancer selon moi par le fait qu'on a interrogé exclusivement des internautes, et exclusivement via internet.]
* Qu'elle provienne d'un moteur ou d'un bibliothécaire, l'information trouvée est jugée de qualité équivalente par les usagers : satisfaction de l'ordre de 53%.
* 77% des interrogés admettent que le bibliothécaire apporte de la valeur à la démarche de recherche, mais uniquement 44% disent qu'il apporte plus d'aide qu'un moteur.
Les bibliothèques l'emportent légèrement en précision et en crédibilité, mais elles perdent sur le plan de la facilité et l'accessibilité.
*Sur l'expérience globale de recherche 60% d'utilisateurs sont très satisfaits par les moteurs et 48% par les bibliothèques.



L'HABITUDE DE L'INTERNET

*Les moteurs "correspondent parfaitement à mon style de vie" pour 56% des internautes, ils ne sont que 18 % à dire la même chose des bibliothèques.
[Là encore il faut rappeller qu'on a interrogé uniquement un public déjà familier à internet.]
*13% seulement ont déjà payé pour obtenir une information en ligne,
et l'ensemble des personnes interrogées ne s'attendent pas à dépenser plus dans l'avenir [gniark gniark gniark].
* pour valider une information provenant d'internet, 82% opère un croisement avec un autre site internet, 68% avec une source imprimée.
*depuis qu'ils utilisent internet, ils consacrent moins de temps à la télévision (39%), aux bibliothèques (33%) et à la lecture (26%), suivis par les magasins et la radio.


LES SITES DE BIBLIOTHEQUES : SOUS-UTILISES

* A la question "La prochaine fois que vous chercherez de l'information, quelles sources envisagerez-vous?" Les internautes répondent : pour 91% les moteurs, 55% les bibliothèques, 37% les bibliothèques en ligne, 42% les librairies, 30% les libraries en ligne.
* La moitié des personnes interrogées ont déjà commencé une recherche sur un moteur qui a abouti sur un site de bibliothèque.
* Les sites de bibliothèques sont faiblement utilisés (27%), surtout comparé au pourcentage de personnes qui sont inscrites dans une bibliothèque (72%) ou qui s'y rendent régulièremement (un tiers au moins une fois par mois).
* Le service en ligne le plus connu et le plus utilisé : le site et le catalogue.
Le moins connu : les questions à distance.


LES USAGES DE LA BIBLIOTHEQUE

* 1/3 des interrogés seulement ont déjà demandé de l'aide à un bibliothécaire durant une recherche d'information.
[L'OCLC en déduit qu'ils aiment le self-service. Mais si ont regarde le détail des réponses, on voit aussi que ce sont surtout les plus jeunes et les plus diplômés qui ont déjà demandé de l'aide].
* Un quart des inscrits en bibliothèque et plus de la moitié des non inscrits ne se tiennent pas au courant des ressources disponibles en bibliothèques.
*Sont connotés plutôt positivement : les produits offerts en bibliothèque(et le personnel), plutôt négativement : les services et les espaces.
*Quand ils pensent à une bibliothèque, pour 69% ce qui vient à l'esprit en premier: des livres (suivi de l'information et du bâtiment lui-même).
Ceci est analysé de manière quasiment négative dans les commentaires de l'OCLC, car ceci montrerait que les usagers n'ont pas assez conscience des autres ressources.
*Pourtant quand on leur demande quel est le but principal de la bibliothèque : 53% des réponses tournent autour de l'accès à l'information en général, et 31% seulement tournent spécifiquement autour des livres.
* Quand ils ont des conseils à donner à la bibliothèques, les usagers répondent [de manière traditionnelle dans ce genre d'enquête] qu'il faut "plus" et "plus facilement".


"RAJEUNIR LA MARQUE" (REJUVENATE THE BRAND)

L'OCLC conclue que les bibliothèques ont une bonne image de marque, et qu'il faut se baser dessus, s'appuyer dessus, pour la rajeunir. Mais c'est ambigu car cette image est celle d'un lieu familier, avec la présence de livres, ce qui rend difficile la représentation des offres de bases de données (qui sont uniquement connues des étudiants).
Les gens y sont attachés comme à un lieu d'information gratuite en libre service [car, selon l'OCLC, ils auraient confiance en eux] et disent vouloir y trouver plus de livres encore.
Les bibliothèques sont "un endroit pour apprendre, pour lire, pour trouver de l'information gratuitement, pour aider l'instruction, pour aider à s'informer, et avec des ordinateurs gratuits".


MON COMMENTAIRE
Je ne sais pas si le terme brand (qui signifie marque commerciale) a des connotations vraiment plus larges en américain qu'en français (image de marque, identité, concept?).
En tout cas l'angle choisi par l'OCLC est bien de montrer que pour l'usager les bibliothèques sont en concurence avec de nouvelles offres issues du privé, et qu'elles le seront sans doute de manière croissante. C'est intéressant.
Cependant, cela me gêne de placer la stratégie des bibliothèques exactement sur le même plan que les offres privées, car cela signifierait que le service public est juste un concept commercial (a brand) inventé par le lobby des fonctionnaires bibliothécaires pour justifier l'existence de leurs postes. Certes, la communication autour d'un service est important pour que celui-ci soit bien utilisé, mais ce qui me dérange c'est que l'OCLC parle de "changer l'image" comme étant un but en soi.
On dirait que l'on se place sous l'injonction "il FAUT que les gens utilisent plus la bibliothèque" avant de se demander d'abord en quoi les gens pourraient en retirer un service supérieur.

Par exemple, c'est normal que les gens qui ne sont pas étudiants n'aient pas d'image concrète des bases de données, s'ils n'en ont pour le moment aucun usage concret.

Bref pour moi
1/Cette enquête est intéressante : le profil des internautes qu'elle interroge va sans doute se généraliser rapidement dans les pays occidentaux.
2/Mais on ne peut pas en tirer directement de plan d'action pour les bibliothèques (sinon ce serait tomber dans le communicationnel pur).
Il faut passer par une réflexion sur les contenus : en prenant acte de l'offre internet, en quoi (et à quels frais) les bibliothèques gardent précisément des ressources spécifiques intéressantes à développer ?
Et sur un plan politique : pour quelles ressources estime-t-on primordial l'accès public et gratuit?

19 décembre 2005

Vers la régionalisation des recrutements territoriaux.


Deux projets qui pourraient changer la donne (en bien ou en mal) au niveau des titularisations d'assistants, assistants qualifiés et bibliothécaires :


*Les lauréats d'un concours régional, ne pourraient plus postuler que dans cette région pour leur premier poste, et non plus dans toute la France comme c'était le cas . (Livre hebdo n°625)
Ce projet du Conseil Supérieur de le Fonction Publique Territoriale (CSFPT) sera proposé au conseil des ministres. Le CNFPT souligne qu'en délégant ainsi les concours au Centres de Gestion, cela permettrait de pourvoir les postes de manière plus homogène. Les bibliothécaires craignent, eux, de voir des inégalités entre les valeurs des concours régionaux, puisque chaque CDG déterminera les épreuves et les jurys à sa guise et selon ses moyens.

*Les lauréats devraient rester trois ans dans ce premier poste. (Gazette des communes n°44, supplément "Moderniser l'exercice des mandats locaux"). Pour le moment, ce n'est qu'une proposition de ce livre blanc de l'Association des petites villes de France. Les collectivités souhaitent ne plus voir les candidats retourner immédiatement dans leur région d'origine après être devenus plus compétitifs sur le marché du travail (avec l'expérience qu'ils ont acquise et le temps de formation obligatoire post-recrutement qu'ils ont effectué aux frais de la commune).


On comprend bien les problèmes des petites communes, qui trouvent parfois peu de candidats et qui ont des difficultés à les retenir une fois qu'ils sont titularisés.
On comprend aussi que la "titularisation à vie" des fonctionnaires territoriaux, avec peu de possibilités de les sanctionner ou de les récompenser fonction de leur travail, soit un facteur de méfiance au moment du recrutement.

Mais on comprendrait aussi que ces mesures s'accompagnent d'engagements réciproques de la part des communes !
Par exemple être obligées de respecter le nombre de créations de postes qu'elles ont annoncé (sauf cas en cas d'imprévu justifié).
Par exemple être contraintes de publier sur le site du cnfpt toutes les offres de recrutement.
Par exemple connaître assez les tâches qu'effectuent les bibliothécaires pour pouvoir ne pas se baser uniquement sur l'expérience et les diplômes professionels lors des recrutements.
Par exemple être objectives dans leurs critères de non-titularisation (et pas juste "inadaptation de la personnalité avec le cadre des bibliothèques et des bénévoles."*).

Ce problème des recrutements est complexe : hormis les équilibres à trouver entre l'uniformité nationale/ et la décentralisation, il y a aussi un problème de précision concernant les compétences attendues (par le CNFPT, les élus et l'administration locale, et aussi les équipes de bibliothécaires et bénévoles en place) du nouveau titulaire.



***

Par ailleurs, à noter également : la suppression de la limite d'âge aux concours externe de conservateur.
http://www.cnfpt.fr/fr/actualites/actualites.php?id=3377

Formations et évolutions

Sur le site discothécaires, qui complète la liste de diffusion du même nom, on trouve des comptes-rendus de formations d'intérêt pratique plus évident que celle citée précédemment. :)

Par exemple "Approche historique des musiques actuelles" : http://www.discothecaires.ouvaton.org/article.php3?id_article=15
Comme dit l'article, les micro-genres changent tous les 7-10ans. (Il suffit peut-être juste de pouvoir les identifier et non pas de s'y spécialiser facticement). Il y a aussi des résumés de formations sur le Moyen-Age ou le Jazz. D'après le catalogue du CNFPT il y a aussi quelque chose sur la musique contemporaine.

Certains besoins de formation sont donc très bien identifiés et couverts, quand ils ont correspondu à une étape historique des bibliothèques : création des sections jeunesse, des discothèques, informatisation et normes, multimedia et internet. Il y a aussi des stages intéressants sur la littérature.
C'est moins évident en ce qui concerne la fonction de réponse au question des usagers (on a juste les stages "accueil physique et téléphonique" et "recherche d'information"). Et ça ne l'est pas du tout en ce qui concerne les documentaires.
La question que je me pose : est-ce que ces aspects-là vont se développer dans une nouvelle tendance historique (celle des bibliothèques version 2.1 ?) où vont-ils être confiés à google/wikipedia/amazon parce qu'on les assumera moins bien qu'eux?

Au fait, c'était l'année du Brésil




C'est donc un prétexte parfaitement (il-)légitime pour parler de Sepultura.

Ratamahatta
Refuse/resist
Roots, bloody roots Vidéo
Roots, bloody roots (en vrai-faux duo avec Pavarotti O_o).
Le karaoke de grondements.

2006 sera l'année de l'Arménie, patrie de Charles Aznavour, Sylvie Vartan, Cher et System of a down.

17 décembre 2005

Refuse/resist

Un extrait du catalogue de formations initiales et continues
du Centre National de la Fonction Publique Territoriale (Première Couronne) :




Effectivement il est crucial d'orienter très précisément le public dans son choix de musique métal. Sûrement beaucoup plus que de l'orienter dans les documentaires, puisqu'il n'y a aucune formation vers ceux-ci dans ledit catalogue. On pourrait imaginer des bibliothécaires, acquéreurs spécialisés, qui partageraient leurs connaissances et leurs pratiques, mais c'est peut-être trop demander pour un métier aussi sympa et approximatif que le nôtre.

C'est sûr, je pourrais être un peu gauche dans mes réponses aux usagers qui font des recherches sur l'emploi, l'histoire, la santé, la philosophie, l'informatique, les concours, le droit, l'actualité, etc etc.
Par contre, il ne seront pas déçus sur mon ouverture d'esprit à deux francs et mes connaissances en distortion, en gammes chromatiques, en chant rauque et tout leur arrière-plan culturel! Je peux ainsi les conseiller extrêmement finement parmi la collection de trente disques de rock extrême que j'ai constitué suite à ma formation.

L'enfer est pavé de bonnes intentions de bibliothécaires.

11 décembre 2005

Naviguer dans les centres d'intérêt.

Une réflexion annexe au message précédent :
Le blog Theshiftedlibrarian a fait un compte rendu complet du colloque.
Une des pistes suggérée serait de se baser sur les goûts des ados, en matière de jeux vidéos, pour leur faire des suggestions de lecture. Par exemple, pour ceux qui aiment les jeux de rôles : du fantastique et de l'histoire ; pour Tetris : des polars ; Doom : de l'horreur ; les simulations (comme the Sims) : de la sociologie.

Je pense que c'est un peu caricatural si on fait comme si les goût en la matière étaient exclusifs, et avaient des équivalents exclusifs en littérature.
Par contre, c'est une bonne idée pour enclencher une discussion concernant les goûts et les lectures potentielles.
Je me dis qu'en bibliothèque nous n'avons pas de formations générales qui concerne ce domaine. Nous n'avons pas de compétence formalisée sur le repérage des auteurs, genres, disciplines, face à différentes attentes d'usagers. Certes, nous avons juste les éclairages que nous apporte notre culture personnelle, et ce qu'on apprend sur le tas.

Je pense à une réflexion de Bertrand Calenge, qui explique qu'à un lecteur on peut proposer :
*soit un ouvrage de difficulté plus grande, dans un domaine qu'il maîtrise (exemple pour un amateur de polar, lui donner du Eco ou du Poe).
*soit un ouvrage de même difficulté, mais dans un domaine nouveau (un récit historique pour l'amateur de polar par exemple).

Des outils plus poussés dans ce domaine, et des connaissances plus poussées en genres et en disciplines, pourraient nous épauler dans le dialogue avec les usagers. Ne serait-ce que pour nous aider à voir tout ce qu'on peut prendre en compte, comme par exemple les goûts en matière de jeux vidéos.

Jeux en réseaux, Apprentissages, Bibliothèques.



Le 5 décembre a eu lieu à Chicago un colloque de l'OCLC intitulé :
"Gaming, Learning and Libraries."
(La vidéo des exposés est disponible ici.)

L'OCLC encourage à créer des zones de jeux en réseau dans les bibliothèques. Un résumé des arguments ici : les jeux apprendraient à résoudre des problèmes complexe et à apprendre en commun. (On parle de jeux dits sérieux:
http://www.seriousgamessummit.com)

Je retiens ce diaporama de C.A. Steinkuehler (diplomée en psychopédagogie) :
"Pourquoi les bibliothèques devraient-elles s'intéresser aux jeux vidéos?"
Pour l'auteur, les mondes virtuels en ligne sont devenus les véritables lieux de sociabilités pour les jeunes américains. Ou plutôt, un "troisième lieu" au sens du sociologue Putnam, un lieu qui n'est ni la maison ni le travail. Selon Steinkuehler, ces jeux ne prennent pas la place des activités d'instruction ("literacy activity"), ils sont véritablement des activités d'instruction, par leur stratégie et leur arrière-plan : forums, invention de scénarios. (Le langage SMS avec lequel les joueurs communiquent semble constituer pour cette universitaire un sujet d'étude sémantique très profond.)
http://www.oclc.org/capcon/segments/technologies/files/Steinkuehler.ppt
Un autre diaporama plus général sur le monde des jeux. http://www.oclc.org/memberscouncil/meetings/2005/october/anatomy_gamer.ppt(Aux Usa aussi on dirait qu'ils recyclent des morceaux de leurs powerpoints!)

Des conseils pratiques ici pour incorporer des jeux dans les collections et l'espace d'une bibliothèque, et un exemple concret : la bibliothèque de Santa Monica qui organise tous les trimestres une soirée Counterstrike pour 60 personnes. (Je pense qu'il est important de noter que cet établissement développe en fait beaucoup d'autres activités pour les adolescents.
http://www.smpl.org/calendar/Winter0506TeenCalendar.pdf )



A mon avis ces articles développent unilatéralement les potentialités positives des jeux vidéos, et en déduisent que toutes les bibliothèques devraient à présent en assurer par leurs propres moyens la promotion.

Il ne faut certes pas sous-estimer l'intérêt sociologique ou sémantique qu'on peut prendre dans l'étude des usages des joueurs. Mais de mes rares lectures en psychopédagogie, je crois savoir que le jeu n'est qu'une des étapes de l'apprentissage, et pas l'apprentissage dans son entier.
Et en ce qui concerne l'application aux bibliothèques : effectivement ça pourrait être intéressant de fournir un cadre non commercial aux jeux en réseau, et ça semble être dans la continuité de la culture des bibliothèques municipales américaines (qui ont l'air de se percevoir plus comme un lieu de passage multiservice que comme des salles de lecture). Par contre, en France, il faudrait bien voir qu'il s'agirait là d'une extension considérable du projet des bibliothèques (qui devrait s'accompagner aussi de changements de budgets et de changement de politique générale d'animations, si l'on ne voulait pas qu'elle se fasse au détriment des services de base).

Les bibliothécaires de l'OCLC ont l'air de vouloir se mettre à l'école des gamers :
"immerse yourself in pop culture, especially video game culture,
([it] gains you street cred[ibility] with this generation)"*

Mais est-ce vraiment pour ammorcer un dialogue, où seulement parce qu'ils ont renoncé à ce que la culture, l'apprentissage et les grands auteurs gagnent jamais la moindre crédibilité auprès des jeunes et des jeunes adultes?

La littérature : des sensations pures.



J'ai trouvé dans EN VUE (mensuel des activités des bibliothèques de la ville de Paris) un article de Pierre Lepape, intitulé (selon une citation de Pierre Dumayet): "Lire ne sert à rien, lire sert à lire".

Selon l'auteur, il faut distinguer :
*La lecture en soi, "qui est sa propre récompense", qui est "l'acte même de la lecture, son irremplaçable gratuité", la lecture littéraire
*et la lecture de consommation, celle qui apporte un service, un supplément "de savoir, d'émotion, de rêve, de compréhension".
Pour l'auteur le second mode verra la victoire des nouvelles technologies, qui y sont plus efficaces. Alors que le livre restera consubstantiel du premier mode, là où "La lecture est ce qui livre les livres à nous-mêmes".


C'est intéressant. Mais je ne suis pas convaincu par cette vision de la lecture littéraire comme purement transcendante, comme sans aucun lien avec les autres préocupations basses et mondaines.

Ceci pour plusieurs raisons :
*Déjà, dénigrer systématiquement la vie pratique me paraît louche. Il y a du sacré dans le profane, il y a du profane dans le sacré.
*Il y a une implication littéraire (si faible soit-elle) dans tout texte : tout usage du langage est structuré par ce langage.
*Il n'y a pas d'objet pur. Ce serait si chouette, d'être des bibliothécaires à l'intériorité profonde et n'éprouvant que des sensations pures (comme les produits laitiers)! Mais on s'envole toujours à partir d'un sol : même en tant qu'amateurs de littérature nous restons ancrés dans le monde. Ceux qui le nient et y cherchent un absolu s'ancrent en professeurs d'analyse stylistique, en experts d'anecdotes biobibliographiques, ou en écrivains maudits pour qui le scandale radical est que le blog d'Assouline ait plus de succès que le leur. :D
* Il n'y a pas d'usage pur. Je n'ai pas à essayer d'éviter de m'informer et de me divertir quand je lis de la littérature. Certes celle-ci a une spécificité, qu'il faut défendre face à la simple novelisation du réel.

La spécificité de la littérature, c'est - par le biais d'un style et d'une intrigue - de diversifier notre relation sensible au monde. Cette idée est banale en ce qui concerne les peintres (dont l'esthétique "change notre regard"). Mais c'est une idée moins évidente pour la littérature, car elle n'y concerne pas seulement quelque chose de perceptif, mais aussi quelque chose qui a trait à l'interprétation et au sens. (Je pense que cette idée me viens des essais de Kundera. Idée via Kundera).

Une lecture plus littéraire sera celle où je découvre un style radicalement nouveau pour moi (où je suis contraint de changer ma perception et mon interprétation), une lecture plus divertissante sera celle où je retrouve simplement un style que je connaissais déjà. Ces lectures ne m'orientent pas vers un monde détaché, mais elles modifient et enrichissent ma vision du réel. C'est cette expérience, ni plus, ni moins, qu'on peut trouver dans les livres. Le livre est sans doute plus adapté à la littérature que les nouvelles technologies, non pas parce qu'il serait étranger au monde de l'utilité, mais parce que l'expérience "totale" de la littérature a besoin de l'incarnation dans l'espace et le temps.

Je me méfie des discours qu'on peut tenir sur la littérature : en répétant sur tous les tons "lire c'est bien, soyez-en convaincus" à la fin on a l'impression qu'on cherche simplement à convaincre les gens que la lecture est quelque chose à haute teneur gratifiante.
A force de dire que lire est grandiose, que lire est gratuit, que lire ne sert à rien, on pourrait nous prendre au mot.

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