01 novembre 2011
Biennale du numérique 2011
06 février 2011
Un directeur unique pour les bibliothèques et les musées de Marseille
Ce serait "le temps de remettre de l'ordre dans la gouvernance", avant que la Ville ne demande à nouveau la mise à disposition d'un Conservateur d'Etat. (La Provence 14.01)
Une Lettre ouverte de l'Intersyndicale au Ministère de la Culture dénonce cette situation : http://tinyurl.com/6dud3of
Episodes précédents :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/20/marseille-gache-ses-talents-culturels_1467882_3232.html
http://www.lamarseillaise.fr/soci-t-quartiers/lettre-ouverte-fr-d-ric-mitterrand.html
http://www.laprovence.com/article/region/conseil-municipal-de-marseille-ces-affaires-dont-il-ne-faut-pas-parler
http://www.marseille2013.org/spip.php?article455
Une note positive :
« L’installation de la grande bibliothèque de l’Alcazar au cœur du quartier populaire de Belsunce a vraiment changé les choses » apprécie la documentaliste. « Les enfants qui arrivent de primaire ont désormais eu accès aux livres, ont été en contact avec des professionnels du livre ». LaMarseillaise 17.01
05 décembre 2010
Démission du directeur des bibliothèques de Marseille
Un des syndicats (FO) s'opposait au nouvel organigramme, plus transversal, qu'il proposait.
http://www.lamarseillaise.fr/soci-t-quartiers/boli-part-pour-ne-pas-plier.html
http://www.lamarseillaise.fr/soci-t-quartiers/organigramme-dessin-sur-un-coin-de-table.html
http://www.enssib.fr/breves/2010/12/01/bmvr-de-marseille-1-2-3-directeurs
http://www.abf.asso.fr/pages/interieur-contenu.php?categorieTOP=2&categorie=22&id_contenu=141
http://www.actualitte.com/actualite/22996-PSG-Eboli-capitaine-manifestation-greve.htm
Son prédécesseur commente :
"Deux lectures pour éclairer l'affaire : - l'entretien que j'avais donné à Livres-Hebdo en août 2007 à mon départ de la Direction des bibliothèques de Marseille,
- le livre de Michel Sanson et Michel Peraldi "Gouverner Marseille", La Découverte, 2006"
06 octobre 2010
We are IABD
http://www.iabd.fr/spip.php?article106
http://kotkot.blogspirit.com/archive/2010/10/04/lorsque-l-iabd-parait-le-cercle.html
http://www.bibliobsession.net/2010/10/05/liabd-sofficialise/
Son rôle sera
Pour le nouveau logo j'imagine un petit bonhomme qui doit soulever plein de dossiers...

Edit : voici le véritable nouveau logo. http://www.addnb.fr/spip.php?article649
17 mars 2009
Comment être un directeur de bibliothèque acceptable
(Suite aux chaînes de Marlene et Desp.Lib.: quelques photos de mon précédent bureau.)
Faire des réunions mais ne pas oublier quels en sont les objectifs.
Régler l’administratif récurrent dans un état d’inconsciente efficacité mécanique.
Bien ranger ses archives même si c’est ennuyeux.
Définir priorités et projets fabuleux tout en étant content du quotidien.
14 mars 2009
Livre électronique : c'est comme en 2008
Table ronde au Salon du Livre 14.03.09
"Livre électronique : les dernières nouveautés E-book"
* Au niveau mondial, il y a 5 fournisseurs principaux : Amazon (Kindle : pas encore débarqué en Europe, format propriétaire pour les livres) , Sony (E-Reader), Bookeen (Cybook), Irex, et Jinke (Bebook). Le produit d'une autre société, présenté au Salon, ressemble énormément au Cybook.
* Les utilisateurs : des grands lecteurs (plus motivés par la lecture que par le côté nouveauté technologique), en moyenne ce sont des hommes quadragénaires. Autre marché : les professionnels devant se déplacer avec beaucoup de documentation.
* Les évolutions attendues : verticales (tactile, connection, couleur) et horizontales (index, moteur de recherche, annotations, écran plus grand, augmentation des catalogues). La baisse des prix ne sera pas pour tout de suite en raison d'un monopole sur la construction du papier électronique.
* Le débat : la concurrence Iphone/Ebook. De même que l'on continue d'acheter des appareils photos malgré les téléphones portables, on aura également besoin d'appareils plus performant que les écrans d'Iphone pour des lectures suivies.
26 février 2009
Les bibliothèques municipales pour les nuls
J'ai eu la chance de corédiger avec Dominique Lahary les chapitres consacrés aux bibliothèques municipales, dans le classeur "Diriger un service des affaires culturelles" (chez Territorial Editions, 149 € l'abonnement : on préconisera à son DAC d'en demander l'achat au service documentation).
L'exercice consiste à synthétiser en 60 pages ce qu'un Directeur des Affaires Culturelles devrait absolument savoir sur les bibliothèques, tant d'un point de vue théorique (histoire, missions, environnement) que pratique (bâtiment, services, équipe). Pour mener un dialogue constructif avec ses bibliothécaires.
J'ai donc passé quelques jours à la bibliothèque Buffon à tirer la quintessente moëlle de la littérature professionnelle. Plutôt que de définir un idéal, je souhaitais surtout mettre en avant les pires écueils à éviter en matière de construction (le manque d'ergonomie et de polyvalence), de politique documentaire (le manque de budget, ou la quantité accumulée de documents masquant leur manque de pertinence) et d'encadrement (l'absence d'objectifs concrets, ou la fixation d'objectifs arbitraires).
Parmi les points épineux auxquels nous avons été confrontés :
* Comment expliquer à quoi sert une bibliothèque ?
Solution : différencier et cumuler "a) Les fonctions documentaires, b) Les fonctions informationnelles et cognitives, c) Les fonctions d'étude sur place, d) Les fonctions relatives au lien social."
* Comment expliquer la manière dont fonctionnent les bibliothécaires ?
Solution : "Au sein d'une même bibliothèque on rencontrera donc souvent des personnels ayant débuté leur carrière selon des statuts différents, avec des modalités de recrutements et d'intégrations divers." "La mise en place de nouvelles méthodes de travail peut être ressentie comme une remise en question du travail antérieur : il faut donc à la fois insister sur la continuité des missions exercées et pouvoir dialoguer clairement autour des évolutions souhaitées de part et d'autre. "
* Que dire de l'ouverture le dimanche ?
Solution : "L'intérêt d'une telle ouverture dominicale dépend du contexte local, des activités sociales et culturelles constatées ce jour là. Elle peut être intéressante si par exemple elle correspond au jour du marché central dans une intercommunalité, ou au jour où les étudiants et les actifs sont présents majoritairement dans la ville."
Avec les précisions nécessaires : "Pour une ouverture hebdomadaire comprise entre 18 et 36h, on estime qu'il faut multiplier par environ 1,5 à 2,5 le nombre d'agents nécessaire à la pleine ouverture des locaux, pour prévoir une équipe totale suffisante. A personnel égal, la configuration du bâtiment permet d'ouvrir plus ou moins, selon que les espaces soient cloisonnés ou non, et les postes modulables ou pas."
* Quel temps moyen indiquer pour le traitement d'un document ?
Solution : "En 1996, l'ouvrage Bibliothèques dans la Cité indiquait un temps moyen d'une heure de traitement par document (en additionnant travail de sélection, récupération des notices et catalogage, équipement, mise en place). Ce chiffre peut actuellement être revu à la baisse, étant donné les gains de temps qu'ont fait gagner les nouvelles modalités de récupération des notices."
* Comment fixer des objectifs à une bibliothèque ?
Solution : bien différencier les moyens attribués/ les objectifs attendus en quantité et qualité d'offre / l'usage qu'en fait le public.
Même si la relation entre les trois reste surtout une affaire de négociation.
09 février 2009
Stratégies éditoriales à l'heure du livre électronique
* Le pdf : un format fixe (mais ayant déjà index et hyperliens), l'epub : format dynamique agrandissable (mais encore assez pauvre niveau structuration).
* La "numérisation" d'une page peut varier de 40 à 1000 € (depuis le scan océrisé jusqu'au reformatage complet). Il serait plus pertinent de structurer un document (en xml) dès sa production, et non pas au moment de sa réexploitation.
* L'encre électronique en couleur : ce serait pour dans deux ans.
* Les ventes en 2008 (selon le cofondateur de Bookeen) : 200 000 Sony Reader, 200 000 Kindle Amazon (qui arrivera bientôt en Europe), 10 000 Cybook Bookeen.
* Le marché des documents numériques est important au Japon, non pas sur les readers mais sur les smartphones : BD, nouvelles.
* Concernant la rareté des ouvrages numériques pour les 1er cycles, Couperin et les éditeurs se renvoient la balle : problème d'offre ou de demande ?
* Les approches métiers sont opposées :
** Gallimard : "Il n'existe pas encore de mode de lecture satisfaisant. Le format epub ne convient pas aux sciences humaines".
** SFR : "Nous avons 25 millions de clients, alors pour nous l'essentiel c'est d'avoir une offre importante. Nous sommes devenus disquaires, on ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas devenir libraires".
07 février 2009
Comment le livre atteint son lecteur ?
* On ne sait jamais vraiment comment les livres atteignent leurs lecteurs : prescription des médias, bouche à oreille ?.
* On ne constate pas de gros changement dans la quantité globale des ventes ou des emprunts de livres imprimés.
* Par contre de moins en moins de titre concentrent les plus grosses ventes :
** A cause de la baisse des coûts d'impression, il y a deux fois plus de titres qu'auparavant (pour autant de ventes).
** Les lecteurs sont bombardés de sollicitations : "La durée d'un livre en librairie maintenant c'est deux heures, deux heures après sa promotion radio et tv."
** Le réseau des Fnacs uniformise les titres proposés.
* Le livre devient du texte. (Les éditeurs cherchent à publier des essais de 100 pages. On peut lire des éditions gratuitement sur internet ou sur supports mobiles. On fait des exposés via le moteur de recherche.)
* De même que l'édition ne joue plus son rôle de sélection ; la critique (imprimée ou sur internet) ne joue plus son rôle de différenciation. Elles jouent toute deux un rôle d'expansion et d'amplification.
* La liberté d'expression n'est plus menacée par la censure mais par le trop plein. Comment garantir qu'un message original puisse être entendu ?
* Internet ne permet pas vraiment de faire une sélection critique des livres, mais permet de faire exister un cercle de convivialité entre lecteurs, au delà de la promotion médiatique.
06 février 2009
Lâche tes coms
http://www.worldcat.org/oclc/50920659?tab=reviews#tabs
(Mais ça ne marche pas quand les éditions sont différentes).
Bientôt dans votre catalogue de bibliothèque française : les critiques de la BPI et de ZazieWeb ?
04 février 2009
Que faire du numérique en littérature ?
* Des images. Philippe Vasset
* Du temps. Arnaud Maïsetti
* Un environnement de performance : François Bon
* Rien. Gwenaëlle Stubbe (à côté de qui Amélie Nothomb est un monstre de normalité)
(C'était hier soir à Bagnolet : 4 écrivains et le Net)
17 mars 2008
Le vierge, le vivace, et le bel aujourd'hui
AM.Bertrand
* Les bibliothécaires américains : sont d'un optimisme stratégique, pour défendre leurs budgets. Communiquent, mettent en avant tous leurs succès de fréquentation; et se positionnent sur des valeurs fondementales : donner accès à l'information et à la formation permanente.
M.Melot
* Les points forts français : Le tournant multisupport dès les années 70 et 80. L'action culturelle. L'intérêt croissant des élus, des architectes et des informaticiens pour les bibliothèques.
* Les points noirs : Les horaires. Le système informatique.
* Les points à améliorer : La gratuité systématique. La mise en valeur du patrimoine.
M.Legoff
Les évidences finlandaises :
* Le catalogage, c'est la bibliothèque nationale
* On doit ouvrir le plus possible, y compris le dimanche
* L'organisation et les règles de la bibliothèque sont là pour faciliter son insertion dans l'environnement quotidien. Slogan : "Enjoy life".
En France, suite à la destabilisation de la vie culturelle parles NTIC :
* La fréquentation est maintenant plus significative que les prêts
* Il faut dépersonnaliser les services pour les pérénniser
* Garder la question du sens des missions
Echanges avec la salle
* Faut-il des petites bibliothèques rurales ou des bibs intercommunales ? / D.Lahary : Les deux : des petites pour l'accessibilité quotidienne à moins d'un 1/4 d'heure; des grosses pour des collections et services plus importants
* Notre dépréciation de nos services vient-elles de notre mauvaise culture de l'évaluation ? / M.Legoff : Oui : si 20% seulement des usagers utilisent le catalogue, il ne faut pas y passer tout son temps.
* T.Giappiconi : Les critiques contre l'enquête du Credoc ne sont pas du pessimisme, elles sont méthodologiquement fondées. Si l'on suit la norme internationale, il ne faut pas faire une moyenne des taux d'inscrits constatés commune par commune, mais rapporter le nombre d'inscrits actifs à la population entière. Ce qui donne un chiffre de 11 % (et non plus de 17%). A comparer avec les 39% danois./ AM.Bertrand : Voir le prochain CR sur l'enquête credoc dans le BBF.
01 février 2008
Un article où je parle de l'ABF
- Une institution qui a accompagné toutes les étapes historiques des bibliothèques françaises depuis 1906
- Quelques membres très actifs (déplorant parfois le manque de participation des autres membres)
- 2300 adhérents (pyramide démographique, enquête régionale)
Alors que le nombre de bibliothécaires augmente, le nombre d'adhérents se tasse sévèrement. Peut-être en partie à cause de la nouvelle possibilité d'adhésion collective. Sans doute aussi à cause du changement de génération, et des changements et attentes liés au métier même de bibliothécaire.
1996 : 2346
2003 : 2742
2004 : 2732
2005 : 2757
2006 : 2724
2007 : 2318
A moins d'être membre d'un CA régional ou d'un groupe thématique, que peut faire un membre actuel de l'ABF ?
Il peut voter :
* Au congrès national annuel, ou en s'y faisant représenter (sachant qu'on ne connaît pas à l'avance l'objet des votes).
Il peut s'exprimer :
* En publiant un article dans le bimestriel Bibliothèque(s).
* En intervenant oralement lors d'Assemblées générales ou Journées d'études
Il peut profiter du travail des membres actifs :
* formation ABF pour les C, Journées d'études, Publications et Communiqués.
Bref il y a un cercle pernicieux : peu de membres participent -> les membres actifs dirigent les actions -> les autres ne veulent pas, ou voient pas comment s'impliquer.
A mon sens le problème serait donc de rendre possibles et efficientes les participations ponctuelles.
Donc, si par hasard d'autres membres de l'ABF zonaient sur mon blog, auraient-ils un avis sur ces autres options ?
* Utiliser internet pour l'expression et la communication entre membres. Transparence.
* Utiliser internet pour évaluer les opinions des adhérents : sondages en ligne. (Je n'ose même pas envisager une procédure de vote électronique.).
* Développer un accueil des jeunes membres : les aider dans la recherche d'emploi, les relations professionnelles, les questions techniques.
* Pouvoir développer des groupes projets par objectifs. Lancer des appels à contributions, solliciter les étudiants IUT et Enssib, financer des projets extérieurs.
* Produire des outils professionnels pratiques. (par exemple : Veilles thématiques, développement d'un logiciel de planning depuis longtemps demandé).
* Faciliter la recension et l'évaluation des différents choix bibliothéconomiques, plutôt que de simplement en débattre.
Ou sinon : répéter qu'il faut adhérer à l'ABF parce que c'est très important de soutenir nos valeurs et les motions du bureau national.
26 novembre 2007
Bibliothèques hybrides, bibliothèques à la carte
« Bibliothèques hybrides, bibliothèques à la carte : quel impact sur l’organisation et le fonctionnement ? » ABF Paris
S.JOUGELET
Dans l'organigramme des BU : le numérique peut être fusionné avec un département, constituer un département entier, ou dédoubler toutes les fonctions de l'établissement.
L.BURLES
Si les étudiants d'IUT ne connaissent pas Boris Vian, comment vont-ils renseigner sur la Critique de la raison pure, en version numérisée qui plus est?
En France on n'a pas la culture du réseau, on a la culture DES réseaux, non fonctionnels et inefficaces.
JF.JACQUES
La bibliothèque comme lieu de vie : c'est une notion que les bibliothécaires affichent, mais acceptent mal et appliquent peu.
Nous sommes tous fiers des efforts désespérés que nous avons faits depuis 30 ans pour apprendre la Dewey aux usagers.
O.PAVLIDES
Les formations "Rameau et Unimarc pour les nuls" restent plus valorisantes et politiquement correctes que les formations "internet pour les nuls".
Le métier de documentaliste a été inventé par Otlet et La Fontaine, pour qui les bibliothécaires n'étaient pas orientés vers le public. Aujourd'hui les deux métiers convergent autour de la notion d'accès.
X.GALAUP
Les bibliothécaires accusent les usagers d'être des consommateurs, mais que leurs proposent-ils qui leur permettrait d'être acteurs ?
D.LAHARY
Nos collections ne sont qu'une partie de l'offre que nous proposons au public. Les formations doivent s'attacher aux concepts généraux de la documentation, et les bibliothécaires se vendre comme des superdocumentalistes.
Questions du public : Mais que font l'enssib, l'ABF, le CNFPT, les élus, les vieux bibs, les jeunes bibs...
Réponses : Les évolutions sont longues, mais semblent s'accélérer : les nouveaux supports sont plus vite assimilés, les menaces mieux perçues.
11 octobre 2007
Bourdieu appliqué aux bibliothécaires
Les bibliothécaires sont les détenteurs d'un fort capital symbolique (ils permettent l'accès aux oeuvres culturelles), capital symbolique en passe d'être réduit en eau de boudin par les industries et technologies culturelles.
Selon leurs profils, les bibliothécaires peuvent alors opter pour différentes stratégies :
- dénier la perte de ce capital symbolique (et énoncer qu'ils sont indispensables : les gens liront toujours des livres, iront toujours à la bibliothèque, d'ailleurs l'enquête du Credoc...)
- admettre cette perte, mais dénoncer le réductionnisme des industries culturelles (et insister sur la plus grande valeur de la culture qu'ils offrent : ils valident, font de la politique documentaire)
- mettre en avant de nouvelles compétences (technologiques, communicationnelles : ils vont aider les gens à maîtriser les industries culturelles et à organiser leurs communautés)
Dans tous les cas d'ailleurs, le bibliothécaire est à la fois l'instigateur et la victime de la violence symbolique d'objectifs culturels qui le dépassent.
"En s'engageant dans des projets souvent trop grands pour lui, parce que mesurés à ses prétentions plus qu'à ses possibilités, il s'enferme lui-même dans des contraintes impossibles, sans autre recours que de faire face, au prix d'une tension extraordinaire, aux conséquences de ses choix, en même temps que de travailler à se contenter, comme on dit, de ce que les sanctions du réel ont accordé à ses attentes... " Misère petite-bourgeoise.
http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/lexique/index2.html
Voir aussi : Capital symbolique - Dénégation - Idéologie de la compétence - Misère de position
[mode sociologie de Bourdieu OFF]
Réflexions suite à la lecture de "La culture, pour qui" de JC Wallache.
La sociologie permet de se rappeller que les valeurs (culture, savoir, service public...) n'existent que portées par des groupes et des individus ayant des intérêts propres et contradictoires, et qu'il n'est donc finalement jamais évident de discerner comment l'intérêt général peut au mieux s'incarner.
Et vous, quelle est votre méthode pour garder un fort capital symbolique ? ;)
30 septembre 2007
Enssib projet 2010
"Une dynamique de l'excellence : l'enssib en 2010"
(Sans doute pour rappeller que la "dynamique de l'insignifiance" c'est du passé ?)
Extraits :
1/- "La validation d'un diplôme de master pour les formations des cadres de bibliothèque est le pivot de cette réorganisation."
2/- "Une activité de veille sera structurée au sein de l'école."
- "l’enssib entend nouer des relations privilégiées et contractuelles avec quatre ou cinq écoles européennes pour mener avec elles des cursus communs de formation (dans le cadre d’un master Erasmus en 2010) ou des programmes de recherche (sur les usages des bibliothèques dans nos pays respectifs) et créer avec elles une revue internationale scientifique."
- "pas plus de 20 % des élèves-conservateurs font aujourd’hui leur stage
d’étude à l’étranger. Une proportion de 50 % devrait être atteinte en 2010."
Et en conclusion : "Les débats d’aujourd’hui montrent la complexité des enjeux qui, écartelés entre l’accessibilité totale sur Internet et les intérêts économiques des producteurs, laissent s’effacer l’idée même d’un espace public de savoir."
23 septembre 2007
Quelle est la meilleure école de bibliothécaires du monde ?
Et avec une note de 4,5/5, les deux ex-aequos sont :
La Graduate School of LIS (University of Illinois at Urbana-Champaign)
http://www.lis.uiuc.edu/
Cours , Enseignants , Recherche , Histoire depuis 1904.
Et la School of ILS (University of North Carolina)
http://www.ils.unc.edu/index.html/
Cours , Enseignants , Recherche , Histoire depuis 1931.
Quelques traits qui semblent propres aux universités américaines en général :
* Une très grande modularité des cours (quelques modules obligatoires, et la majorité choisis parmi un vaste catalogue).
* Les enseignements font l'objet d'une évaluation par les étudiants.
* Parmi les sujets de recherche, certains ont des applications interdisciplinaires, voire industrielles et économiques.
***
En l'absence de normalisation internationale, les comparaisons mondiales restent difficiles. Voir la liste des Ecoles en SIB dans le monde : http://www.db.dk/dbi/internet/schools.htm
AM Bertrand écrit que "l'Enssib doit devenir la meilleure école européenne dans son domaine". (Enssib). Ce qui annonce une volonté de réussir le Processus de Bologne (harmonisation européenne LMD) et de se situer dans un contexte de compétition internationale.
L'EBSI et l'HEG-ID ont de leur côté déjà pris de l'avance pour préfigurer une formation francophone reconnue internationalement : un Master international en SIB, un an à Montréal, un an à Genève. (JMSalaun , Estermann).
Attention à la fuite des cerveaux. :)
28 août 2007
Web et culture : à travers l'exemple d'Allociné
-Les commentaires des internautes, avec la note moyenne attribuée entre 0 et 4. Ces commentaires sont surtout intéressants quantitativement (combien ont été déposés sur un film, et leur répartition par note). Pour y comprendre quelque chose qualitativement, il faut tous les lire, ce qui devient plus laborieux.
- & Une synthèse des critiques de la presse. C'est une véritable revue de presse pour chaque film : une citation traduit l'esprit des articles, un lien renvoie vers les textes quand ils sont en ligne, et l'avis du journaliste est transcrit sur un barème de 0 à 4 (même dans le cas où le journal n'utilise aucun système de note).
Exemple des fiches OSS 117 et Demonlover.
Dans l'hypothèse d'une application à d'autres produits culturels, et en particulier aux livres, j'en retire plusieurs idées :
1/ Un portail unique rassemblant les conclusions des différents critiques professionnels pour chaque livre serait un service très pratique, notamment pour les publics ne parcourant pas systématiquement toute la presse littéraire. :)
2/ Ce également pratique qu'un portail unique localise les titres en question dans les BM-BDP-BU-Librairies proches de l'utilisateur. (Mais d'ici à ce qu'un tel portail existe, on pourra vraisemblablement les acheter à télécharger sur des ebooks souples. Peut-être!).
3/ La présence de critiques de lecteurs (de type Amazon, Librarything, Zazieweb, Agora des livres) est intéressante quand elle dépasse un certain seuil quantitatif. (ce que les catalogues locaux de bibliothèques ne pourraient pas offrir).
4/ La compétence du bibliothécaire, physiquement ou numériquement, est proche de ce modèle d'Allociné : ni véritable critique ou expert, ni simple lecteur, il doit connaître et organiser les publications et les critiques pour les mettre en relation avec les publics. (Voir le point de vue de Bibliobsession sur la médiation numérique).
5/ La présence de nombreux bandeaux publicitaires n'empêche pas du tout l'appropriation d'un site par les internautes, même lorsqu'il s'agit d'un site de critiques.
J'ai l'impression que les marques commerciales sont parfois plus fédératrices que les sites institutionnels ou associatifs, y compris dans le domaine culturel. L'internaute sait que c'est du marketing, mais en y participant il se sent en situation de domination (il joue avec le marketing du gratuit, sans rien payer... directement). Alors que dans un site institutionnel il peut se sentir en infériorité symbolique face à une puissance qui détermine ce qui est légitime culturellement. Bref, si une puissance publique voulait monter un site culturel communautaire, elle aurait peut-être un double intérêt à s'allier avec des éditeurs et libraires : les bénéfices financiers, et le lien de familiarité avec le public.
6/ Ce double système "point de vue des professionnels + point de vue du public" pourrait trouver une application interactive dans le domaine des questions/réponses. Par exemple, un site où la compétence des bibliothécaires du Guichet du savoir s'enrichirait de la diversité des réponses des internautes de Yahoo Q/R. Et où inversement ces derniers prendraient, par l'exemple, de la graine de méthodologie documentaire.
Bref une démocratisation à la fois verticale et horizontale !
26 février 2007
Lire en continu & en alternatif
COMMENT LIRE ET ECRIRE ?
* La force formatrice du livre imprimé réside dans ses limites techniques (fixité, unité).
Mais face au progrès technique et à l'efficacité, comment défendre l'ascèse de l'imprimé auprès de ceux pour qui elle ne représente rien ?
Si on définit que la meilleure pratique serait celle d'un double usage "réfléchir avec l'imprimé, confronter avec le numérique", alors comment valoriser et démocratiser ce modèle ?
* Concernant le numérique le colloque a surtout cité le surf internet, sans vraiment évoquer les expérimentations d'oeuvres numériques ou simplement l'influence des traitements de texte sur le papier. Existe-t-il des études sur la façon dont un internaute parcourt les écrans et les ensembles d'hyperliens, et sur les manières numériques de favoriser la compréhension d'un ensemble complexe ? Bref, si le numérique est efficace et bête, peut-on ou non le rendre plus intelligent ?
* On attend l'encre numérique (suppression du mal aux yeux et multiplication des supports pages). Avoir un support aussi simple que du papier, mais avec un modelage numérique : quelle expériences de lectures cela produira-t-il ? Aura-t-on d'avantage envie de lire Proust sur du papier numérique que sur un écran ? Aura-t-on envie de lire autre chose ?
* La différence n'est pas tant dans le support (nos livres papiers sont déjà écrits numériquement) que dans la manière dont le support gère la fixation et le mouvement du texte. Ainsi, théoriquement, on pourrait se donner la chance de lire linéairement un texte en bridant un livre électronique à un seul affichage possible. Papier ou pas papier, il faudrait conserver la possibilité de lire et écrire en mode continu (support mode fixe) et en mode alternatif (support mode mobile).
QUE FAIRE ?
* L'Etat se positionne sur la défense du patrimoine et le soutien à des créations économiquement non-rentables. Et les "acteurs de la chaîne du livre" (expression beaucoup utilisée) semblent en réalité plus divergents que solidaires. Bref : la démocratisation (l'accessibilité diversifiée pour un grand public) risque d'être l'apanage d'un mixte entreprises privées/réseaux numériques/réseaux sociaux. La politique culturelle concerna moins les contenus que la législation et la mise à disposition des interfaces et des espaces.
* Que peuvent faire les bibliothèques ? Expérimenter dit D.Renoult, mais il cite comme seuls exemples-phares Clamart et la BPI (qui datent des années 60 et 70). Les établissements français auront-il suffisamment de méthode, de temps et l'argent pour expérimenter numériquement ?
*B.Yvert parle d'une "séparation logique entre la lecture plaisir, où le livre imprimé conservera son monopole et la lecture utile -informative et professionnelle- où l’écran rendra une place croissante jusqu’à devenir la norme". La bibliothèque, ni pure librairie de gare (plaisir), ni pur centre de documentation (utilité), vise aussi l'éducation, l'initiation et la réflexion... des formes qui requiert à la fois concentration et sociabilité.
* L'utopie minimaliste des bibliothèques pourrait-elle être de miser sur les espaces : cellules et salles de lecture ? On ne sait pas ce qu'il y aura dedans (en quelle matière y seront les feuilles) mais on sait qu'il faudra toujours offrir la possibilité de se concentrer sur un texte et celle d'en découvrir d'autres. Et sur cette offre d'espaces publics le privé ne peut faire concurrence.
22 février 2007
L'avenir du livre
* Donnedieu de Vabres : Le livre était l'objet du temps long, il devient mortel. Il faudrait "une grande loi pour les bibliothèques" et un label pour les librairies indépendantes de qualité.
* Nora : Selon Steiner "Nous avons besoin du silence des livres". Selon Borges, le livre est le seul outil que l'homme ait vraiment inventé, les autres ne sont que des prolongements des sens et des mouvements.Les jeunes se représentent maintenant le livre comme l'imposition d'une autorité pyramidale et préfèrent l'aspect participatif du numérique.
Le livre
* Djebar : Le livre permet de reprendre et fixer les mouvements des oralités. Proust "le livre est le miracle fécond d'un dialogue dans la solitude", une communication dans l'interiorité.
* Viel : L'écriture fait travailler la faille entre la matière du monde et le langage, un espace à la fois d'incertitude et de découverte d'un "sens commun" des mots.
* Bazin :Le livre : a une intentionnalité qui permet de développer un espace intérieur / Le numérique : suppression des limites, permet la diversité.Peut-on concilier les deux ?C'est une crise de la représentation : à travers le livre on peut prendre du recul, se représenter soi-même réagissant face à un savoir constitué. A travers le numérique on parcourt une succession d'expériences. Tous "expérimentateurs", passant d'une communauté de savoir à une autre.Lire les livres = creuser les textes fondementaux, capsules de sens.Lecture numérique = mise en relation, croissance externe, diversité et vision relativiste.
* Latour : L'opposition n'est pas entre les livres et les écrans (qui sont pour le moment très mauvais) mais entre l'unité de l'oeuvre et son codage numérique (en 0 et 1). Cela vaut pour le texte mais aussi les images.Le livre était un amalgame de fonctions que l'on peut maintenant décomposer, à travers une véritable "écologie des documents". Prenez une photo de votre bureau : livre, post-it, écran... toute une gamme d'écrits aux statuts différents y est représentée.
La lecture
* Desarthes : Au dela de la contrainte scolaire ou pratique, découvrir que dans le livre il n'y a pas qu'une "histoire" (sinon serait réductible aux autres médias). La lecture personnelle permet de lier l'interne à l'universel.
* Fumaroli: Les technologies (images, son) rendent tardive voir douteuses l'accès à la dimension intérieure qu'offre la lecture. Numériquement même les images deviennent liquides et abstraites, contrairement à l'art qui engage les sens et le corps. La télévision est une piscine californienne, c'est le pire ennemi de la lecture.
* Mabanckou : La lecture comme transgression (San Antonio) et comme passion et fascination (exemple des Centres culturels francophones). Face au manque de livres, la lecture est naturellement perçue comme une richesse.
* Assayas : Adapter simplement une "histoire" = logo patrimonial, formatage narratif, simplification du monde... même pour le Da vinci code c'est une réduction qui perd le style. Le style = le méandre des perceptions, l'échange actif avec l'oeuvre d'art, (et non pas la passivité, à travers des médias où notre propre monde nous devient étranger).
* Lanzmann : Les scénarios parfaits : à quoi sert de les adapter s'ils ne font qu'illustrer un texte déjà autosuffisant ?
* Olivennes (FNAC) : Le livre connaît juste un changement de support : le CD devient MP3, le livre deviend fichier numérique.
* Racine (BPI) : Quand on leur demande quels livres ils aiment le moins, les français citent les classiques imposés à l'école. Le livre a perdu son omnipotence : si le film Indigène avait été un livre, il n'aurait pas eu le même impact politique. La littérature est un pouvoir désormais partagé mais irremplaçable.
La médiation
* Jeanneney (BNF) : Les pouvoirs public doivent surplomber les initiatives privée, pour donner de la pérennité. Face au chaos du tout, donner du sens par la sélection.
* Gauchet : Horizon utopique d'une bibliothèque universelle "tout accessible à tous" et la possibilité existe techniquement : tous les intermédiaires de la chaîne du livre pourraient disparaître. Mais concrètement : ils sont parmi les médiateurs les moins contestés de la société, car pour le texte les rôles de sélection et de validation sont cruciaux. Gauchet
Les éditeurs
* Cohen (L'Oliver) : Les éditeurs avant : avaient un rôle d'artisan (créer une offre, mais sans demande préalable... car chaque livre est un prototype). Maintenant : des géants financiers qui ne créent rien mais reproduisent des produits.
* Gallimard : L'éditeur doit être rémunéré sur le long terme : pour sa prise de risque et sa création d'un catalogue de fond.
* Thorel (Ombres blanches): Si on regarde les chiffres, Amazon ne concourre pas à la diffusion de la création littéraire. Par son repérage géographique des librairies, Google est plus égalitaire qu'Amazon... mais le mieux serait d'impliquer la BNUE.Préserver l'environnement urbain par la présence de libraires, où on fait un feuilletage réel, et où on trouve ce que l'on ne cherchait pas.
*Cohen-Séat (Amazon). Amazon = rayonnages infinis + livraison partout sans frais de port + partage des commentaires.
* Jeanneney : Sans le prix unique, les libraires en ligne menaceraient gravement les libraires indépendants.
Les bibliothèques
* Mittler (BU Göttigen). Bibliothèques : endroits ou lire/écrire/publier numériquement, fournir des impressions à la demande, se donner rendez-vous pour toutes générations.
* Renoult (Inspection). Avancées énormes : en 1945 la France était sous-devéloppée en BU et BM, n'avait pas formations, pas de normalisation. Mais la moitié des BU ont des fonds de moins de 200 000 ouvrages ; et les BM doivent maintenant ne plus attendre d'interventions de l'Etat. Comment avancer rapidement ? Multiplier les expérimentations. Chercher à utiliser des étudiants pour augmenter le nombre d'heures d'ouvertures, comme aux USA. Utiliser le numérique pour analyser les attentes du public.
Les critiques littéraires
* Lepape. La critique doit se situer entre deux écueils : faire de la littérature sur la littérature ; ou faire du journalisme en évitanttout vocabulaire esthétique compliqué.
* Martin. Indispensable indépendance, trouvée en province : ne pas être obligé de parler des célébrités. Eviter que comme le film, le livre devienne un produit dont on parle du coût et des bénéfices.
* Boulouque. Problème des complaisances mutuelles des critiques-écrivains qui sont d'abord préoccupés par leur carrière. On n'a pas le droit d'escroquer ainsi les gens de 15 €. Problème des journaux, qui face à la baisse s'interrogent en terme de marketing et pas de contenu : ils ne peuvent plus être prescripteurs. La passion doit reprendre le dessus.
DLL
* Yvert. Au livre serait réservé la lecture plaisir et au numérique l'information. Futur développement du site du CNL pour informer plus les professionnels, et aide à la création d'un portail de vente pour les libraires indépendants.