01 novembre 2011

Biennale du numérique 2011




Ce que j'ai retenu :
Le rôle du bib/doc sera de construire des espaces d'information ouverts et adaptés à l'usager... mais ça ne va pas être facile avec nos outils bien fermés et avec la dépendance croissante à des gros fournisseurs (dont les monopolistiques Googles et Amazon à l'horizon). D'un point de vue plus général, pour profiter pleinement du numérique il faudrait pouvoir inventer de nouvelles méthodes de lecture et de mémorisation.

Du papier à l'écran : lire se transforme (C.Belisle). On n'a pas (pas encore?) appris à mémoriser ce que l'on fait sur les écrans, pas de véritable méthode. La lecture numérique : la grosse différence avec lecture traditionnelle c'est la rupture avec les oeuvres culturelles communes. C'est sur le web que les jeunes construisent leur identité maintenant. Les jeunes ne maintiennent leur intérêt dans une activité que quand ils peuvent être "actifs". Désenchantement de l'information : maintenant perspectiviste, utilitaire (et non plus cohérente, disciplinaire, réaliste). Nécessité d'apprendre à gérer la surcharge des informations

Valeur ajoutée des médiateurs ? (G.Chartron). Servicialisation :  il n'y a plus d'acquisition définitive de documents, d'où dépendance croissante à des acteurs technologiques externes, en terme de coûts et de droits. Le documentaliste doit faire gagner du temps et de la valeur à l'usager (garantir qualité, diversité, indépedance, accessibilité) en bâtissant des espaces d'information adaptés.
Réaction d'I.Aveline : si le rôle du bib/doc n'est plus que de trier des données appartenant à Google et Amazon... Nécessité de développer des données publiques sur les livres.

Les données publiques ouvertes (J.Boustany) : à la fois pour l'accès (aspect politique) et la réutilisation (aspect économique). En bibliothèques : pour données statistiques et services sur Iphone interbibliothèques ? (mais encore faudrait-il des données harmonisées...).

La bibliothèque 2.0 sera-t-elle participative ? (J.Ibekwe) Il faut que la bibliothèque soit ouverte et participative, et son catalogue ouvert et enrichi (citations de blogs américains 2006-2007).

Je me permets une parenthèse méthodologique : de nombreuses journées d'études en bibliothèque ont un aspect  prospectif. Je pense que pour dépasser la phase du brainstorming il  faudrait évoquer :
- Quelle est la réalité actuelle de ce dont on parle (par ex. le phénomène des sites participatifs) ?
- Y-a-t-il déjà des applications effectives en bibliothèques, pour quels bilans ?
- Quelles perspectives matérielles peut-on en tirer (et non pas quelles injonctions psychologiques) ?
Je baptiserais cette méthode 3WN : What's now/What's now in libraries/What's next ?

Les forges (C.GIrard). Une collectivité fait un marché public pour la création d'un logiciel, et permet la rediffusion du logiciel créé à toutes les collectivités.
Ce sont des projets courts : une semaine pour le cahier des charges, une semaine de développement.
A ce jour : OpenCimetière et La poule ou l'oeuf (édition numérique).

3 prix de l'innovation numérique Enssib
- Autoformation à distance à Tulle, payé par la BDP (enfin c'est plutôt le mode de financement qui est innovant là...)
- Catalogue commun "Babord +" pour le Pres Univ Bordeaux
- Site local de VOD à la BM Grenoble (contenus : Patrimoine local + Adavision). C'est le projet le plus original : construire une interface numérique propre (et ainsi être un tout petit peu moins dépendant des fournisseurs de contenu).

Ateliers :
I.Aveline a diffusé cette vidéo : Une librairie à Bamako devient bibliothèque numérique.
(Pas exactement légal, mais inspirant en termes de concept et d'ergonomie. :p)

08 septembre 2011

The shallows (Internet rend-il bête ?)

The shallows/ Nicholas Carr
"Comment internet change notre façon de penser, de lire et de nous souvenir."


La traduction qui paraîtra en octobre s'intitule "Internet rend-il bête?" mais le titre original est plus subtil : "Les basses eaux" ou "En surface". La traduction allemande s'intitule "Qui suis-je quand je suis online ?"
Pour l'auteur, Internet est inévitablement le lieu futur des idées, mais il entraîne des problèmes d'attention et l'incapacité à s'immerger profondément dans des idées et des récits.

- La lecture silencieuse rapide a permis le développement d'une capacité originale de concentration et d'interprétation. Avant (lorsque la lecture était orale, lente) trouver la vérité restait encore une simple vérification de l'adéquation entre en propos et les symboles religieux et naturels déjà connus. Le fait de pouvoir passer moins de temps à décoder ou vocaliser le texte a permis de passer plus de temps immergé dans les idées et les descriptions, de suivre une argumentation ou une histoire en les analysant plus finement, d'être sensible à des variations de langage plus subtiles. Citant Eisenstein : "La virtuosité remarquable des nouveaux artistes littéraires pour contrefaire les sens à travers de simples mots exigeait une conscience plus aigue et une observation plus proche de l'expérience sensorielle, capacités transférées à leur tour au lecteur."

-Internet est un écosystème de technologies d'interruption : hyperliens, alertes, multimedia. Mais est aussi un média universel et bidirectionnel. Avec 8h /j devant écrans, une grande quantité de texte est lu, mais par petits bouts.
- La lecture sur internet : est fragmentée et fragmentante. Surfer le net : est une suite continuelle de micro-décisions, jugements, qui gènent la concentration et la mémorisation. On passe son temps dans de l'"extraneous problem-solving" : à résoudre des problèmes extérieurs au propos (comme si on lisait un livre tout en résolvant des mots-croisés à côté). Hypertexte/hypermédia/alertes : ces outils étaient destinés à résoudre le problème de l'overdose d'informations, mais l'on finalement exacerbé. Le contenu proposé en ligne n'est pas fait pour être maîtrisé (cela demanderait une mémoire immédiate trop élevée) mais pour être simplement parcouru. De plus ce qui est traversé est trop désordonné pour être assimilé par la mémoire à long terme.
La lecture est effectuée "en diagonale", ou plutôt en forme de F. On passe en moyenne 20 à 25 seconde par page, dans le but d'identifier quelques mots-clefs ou phrases saillantes.
Cela fait qu'Internet développe bien certaines formes d'intelligence : visuo-spatiale et tri de données multiples. Mais diminue la mémorisation, la concentration et l'analyse.
-Google : outil très efficace, au point de devenir notre outil mental unique, la façon dont nous nous représentons l'accès idéal au savoir. Google à intérêt à ce que l'information circule de la manière la plus fluide et gratuite possible (pour mettre le plus d'Adwords dessus). Conséquence : il découpe le savoir jusqu'à son unité minimale (Googlebooks est concrètement utilisé comme une bibliothèque de paragraphes, et non pas comme une bibliothèque de livres).
- Conséquences sur la vision de la littérature et des textes. Sur les médias internet "social concerns overrides litterary ones" (les préocuppations sociales dépassent les préocuppations littéraires). La lecture n'est qu'un moyen de conversation, où le contenu doit avoir un style facile et où l'on peut reconnaître immédiatement des images communes à tous. Citant un article de l'Annual Review of Sociology : "Era of mass book reading was a brief anomaly in our intellectual history". Et citant Clay Shirky "La littérature ne vaut pas le temps qu'elle prend à être lue" (comme si elle n'était qu'un moyen, ennuyeux, de parvenir à autre chose).

- La forme d'un média change notre vision du monde, de manière globale et durable. Les médias ne sont pas des outils neutres (bons ou mauvais selon usage). Ce sont des outils cognitifs, des technologies intellectulles, qui comme les cartes, les horloges, ou l'écriture, modifient notre rapport au monde. Ces changements sont durables et extensifs, en raison de la plasticité des neurotransmetteurs. Le cerveau peut très rapidement programmmer des habitudes, bonnes ou mauvaises. Le cerveau demande rapidement à être nourri de la manière dont le net le nourrit. Internet introduit de la discontinuité dans tous les autres médias et expériences.
- Fausse idée que notre cerveau "stockerait" des "informations", et que donc internet pourrait nous libérer de ce travail de mémorisation. La mémoire est active : elle consiste dans l'acte de constituer et reconstituer des souvenirs, dans des synthèses toujours différentes. Ne pas faire travailler la mémoire affaiblit la globalité de l'esprit. Pour rester en vie, la culture ne doit pas simplement être de l'information stockée, elle doit être renouvelée dans l'esprit des nouvelles générations. Notre intelligence s'aplatit en une Intelligence Artificielle : nerveuse, rapide, de mémoire à court terme, établissement de simple liens. Les logiciels peuvent certes nous libérer de tâches aliénantes... jusqu'au moment où ils font le travail même de l'esprit à notre place, et nous empêchent ainsi d'acquérir des compétences.

- "Nous évoluons à de cultivateurs de notre savoir personnel à chasseurs et cueilleurs dans la forêt électronique des données". Le net est une bibliothèque où l'on peut retrouver de l'information, et non pas une bibliothèque qui aiderait à se construire soi-même en constituant son savoir personnel. Il réduit notre capacité à pouvoir choisir ce à quoi on prête attention et comment on choisit de l'interpréter. "Notre problème aujourd'hui est que nous perdons notre capacité à équilibrer ces deux états d'esprit : la pensée méditative et la découverte rapide."

06 février 2011

Un directeur unique pour les bibliothèques et les musées de Marseille

L'actuel directeur adjoint de la culture portera la double casquette de directeur des bibliothèques et de directeur des musées. (La Marseillaise 03.02)
Ce serait "le temps de remettre de l'ordre dans la gouvernance", avant que la Ville ne demande à nouveau la mise à disposition d'un Conservateur d'Etat. (La Provence 14.01)
Une Lettre ouverte de l'Intersyndicale au Ministère de la Culture dénonce cette situation : http://tinyurl.com/6dud3of



Episodes précédents :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/20/marseille-gache-ses-talents-culturels_1467882_3232.html
http://www.lamarseillaise.fr/soci-t-quartiers/lettre-ouverte-fr-d-ric-mitterrand.html
http://www.laprovence.com/article/region/conseil-municipal-de-marseille-ces-affaires-dont-il-ne-faut-pas-parler
http://www.marseille2013.org/spip.php?article455


Une note positive :
« L’installation de la grande bibliothèque de l’Alcazar au cœur du quartier populaire de Belsunce a vraiment changé les choses » apprécie la documentaliste. « Les enfants qui arrivent de primaire ont désormais eu accès aux livres, ont été en contact avec des professionnels du livre ». LaMarseillaise 17.01


05 décembre 2010

Démission du directeur des bibliothèques de Marseille


Un des syndicats (FO) s'opposait au nouvel organigramme, plus transversal, qu'il proposait.


http://www.lamarseillaise.fr/soci-t-quartiers/boli-part-pour-ne-pas-plier.html

http://www.lamarseillaise.fr/soci-t-quartiers/organigramme-dessin-sur-un-coin-de-table.html


http://www.enssib.fr/breves/2010/12/01/bmvr-de-marseille-1-2-3-directeurs

http://www.abf.asso.fr/pages/interieur-contenu.php?categorieTOP=2&categorie=22&id_contenu=141

http://www.actualitte.com/actualite/22996-PSG-Eboli-capitaine-manifestation-greve.htm


Son prédécesseur commente :

"Deux lectures pour éclairer l'affaire : - l'entretien que j'avais donné à Livres-Hebdo en août 2007 à mon départ de la Direction des bibliothèques de Marseille,
- le livre de Michel Sanson et Michel Peraldi "Gouverner Marseille", La Découverte, 2006"






08 novembre 2010

13 minutes


Formule orginale de conférence à l'Université Paris Diderot : six intervention successives de 13 minutes chrono, sur des sujets divers. On sent la twitterisation du monde à l'oeuvre... tant mieux quand elle oblige les intervenants à rendre leur propos compréhensible et intéressant. Dialectique entre vitesse et contenu.

Qu'est-ce que j'ai retenu ?
- Notre mémoire spatiale est limitée à 7 objets, mais elle peut quand même bien nous aider.
- Les étoiles, quand c'est très dense, c'est vraiment très lourd. Comme s'il y avait un milliard de tonnes dans une cuillère à café (du robusta sans doute...).
- Le friending numérique, ce n'est pas une relation forte, mais ça peut être utile en tant qu'épouillage social.
- On ne sait toujours pas vraiment comment les oiseaux se repèrent, ni pourquoi les dunes chantent.
- L'intérêt pour le goût sucré date du XVème siècle, à partir du moment où le goût de l'épicé-acide était devenu trop populo et que les nobles s'en s'ont lassé.
- Les révolutions ont leur instant poétique, avant de tomber dans l'ordre ou la terreur.

Vidéos et prochain thèmes seront bientôt disponibles sur leur site.

06 octobre 2010

We are IABD

Création officielle de l'IABD, l'interassociation archives bibliothèques documentation.

http://www.iabd.fr/spip.php?article106
http://kotkot.blogspirit.com/archive/2010/10/04/lorsque-l-iabd-parait-le-cercle.html
http://www.bibliobsession.net/2010/10/05/liabd-sofficialise/

Son rôle sera de demander a posteriori des exceptions au droit français et européen de renouveler les professions de l'information pour qu'elles soient vecteur de savoir et de liberté pour l'ensemble de la population au XXIème siècle.

Pour le nouveau logo j'imagine un petit bonhomme qui doit soulever plein de dossiers...



Edit : voici le véritable nouveau logo. http://www.addnb.fr/spip.php?article649

29 septembre 2010

Le complexe d'Arlequin


Le complexe d'Arlequin
Eloge de l'inconstance. Gilles Achache

Le zapping est l'opération intellectuelle qui consiste à faire se succéder sans transitions des dispositions d'esprit différentes. Le téléspectacteur adopte en quelques secondes les attitudes mentales qui vont lui permettre d'apprécier aussi bien TF1 ou Arte. Cette disposition va lui permet de maîtriser des narrations complexes, qui sollicitent son rôle actif (24h chrono,Memento, les films de Lynch ou même Plus belle la vie qui compte beaucoup plus d'intrigues parallèles que les séries du même type des années 60). Ainsi le spectateur devient apte à identifier sans cesse de nouvelles règles du jeux, comme dans les jeux vidéos. En Art : la pub et la pop culture lui montrent les règles de l'art contemporain (pas les musées ou les Maisons de la Culture). En Politique : le citoyen vote en tenant compte des équilibres politiques plus que des idéaux universels. Le problème n'est pas que la politique soit un spectacle, mais qu'il soit mal raconté et mette uniquement en avant les prises de décision, sans contexte ni conséquences.

Conséquences négatives :
Tout est mis en forme pour être "zappable", on peut prendre une émissions de tv à n'importe quel moment, et même dans la presse : pratique de l' "editing" (gros intertitres au milieu des articles de presse) pour pouvoir zapper dans lecture.
On pense pouvoir zapper la réalité comme on zappe une information déplaisante.

Faire avec le flux ou se vouloir extérieur à lui ?
Le zapping mental suppose à la fois adhésion et glissement, être bon et mauvais public, jouer le jeu entre croire et ne pas croire. En théorie on déteste la télé, le marché, le flux des informations. En pratique on les adore et on adore les critiquer. Ils n'exercent pas une influence malgré nous, de type violente ou inconsciente, mais plutôt ils donnent - plus ou moins bien - des formes communes et publiques aux représentations individuelles. Cette vision de G.Achache s'oppose ainsi à l'hypercritique de Bernard Stiegler pour qui la télé et le marché sont des addictions, du désir sans médiation, empêchant la sublimation, et qu'il faudrait amender par un contrôle démocratique.

13 septembre 2010

Absolument dé-bor-dée ! ou le paradoxe du fonctionnaire.



Le véritable sujet de ce livre de docu-fiction est : comment le vocabulaire du management peut s'enfler jusqu'à remplacer le contenu même du management, et devenir l'objet principal de travail.

L'ouvrage décrit un service Relations Internationales de Collectivité, qui peine à définir sa fonction, à évaluer son propre fonctionnement, à lancer des projets réalistes.

Le directeur s'agite et explique à ses collaborateurs : "Les process doivent être rationnalisés et il faut globaliser les inputs". Or ce qui est intéressant, c'est que prise en soi, l'idée est sans doute excellente, même si elle ne veut rien dire d'autre que "il serait bon de rassembler les informations pour mieux les organiser". Mais faute de se relier à des objectifs concrets et modestes, ce slogan reste incantation et mur de fumée.

Mais l'agitation autour de cet ouvrage concerne des sujets bien plus importants : Les fonctionnaires français sont-ils paresseux, Faut-il sanctionner un fonctionnaire qui écrit un roman contre les fonctionnaires, Zoé Shepard est-elle insupportable au boulot, les membres du service RI de la Région Aquitaine sont-ils sympas ?

24 avril 2010

Pour un bibliothécaire ni dominant ni dominé




Parmi la dernière fournée de Mémoires enssib, en voici un qui synthétise les débats idéologiques des 10 dernières années : "Les bibliothécaires face aux techniques non-identitaires : discours et représentations" Anne Boraud-Membrède (pdf).

Trois profils sont utilisés pour analyser les discours des bibliothécaires vis-à-vis des nouvelles techniques (TIC et management) :

  • Profil Politique : leur modernité consiste à réaffirmer les missions traditionnelles à travers les nouveaux outils
  • Profil Techniciste : leur modernité consiste à maîtriser parfaitement les nouveaux outils
  • Profil Socio-anthropologique : leur hypermodernité consiste à favoriser le développement d'usages divers

Dans les deux premières figures, le bibliothécaire reste prescripteur et souhaite dominer la médiation ; dans le troisième cas il « doit endosser plusieurs rôles, se faire tantôt passeur, tantôt passager, tantôt dominant, tantôt dominé. » Mais s'il n'est plus figé sur son identité, c'est maintenant la peur de la disparition qui le motive, sans qu'il ait de véritable objectif extérieur.

Pour que les techniques-usages développées en bibliothèques gardent un sens, l'auteur pense que « les bibliothécaires gagneraient à penser leur identité sur le mode narratif ». En effets leurs différents discours restent soit centrés sur une identité figée, soit décentrés quand ils cherchent à s'adapter en vue de leur propre sauvegarde. De manière paradoxale, ils cerneraient de manière plus réaliste leurs fonctions actuelles s'il renouvelaient leurs utopies pour la société.

18 décembre 2009

Peu importe le flacon

Voici les 200 livres que j'ai sélectionnés pour les liseuses :
Liste des livres sur les liseuses.pdf
Ainsi chargées, les liseuses sont beaucoup plus intéressantes qu'avec l'offre limitée (voire anglophone) qui est généralement proposée par défaut dessus.



Les thèmes
A la recherche du temps perdu
Grands romanciers
Histoire et autobiographies
Jeunesse
Langues étrangères
Nouvelles
Philosophie et Essais
Poésie
Religions
Romans d'aventures
Romans fantastiques
Romans policiers
Romans sentimentaux ou psychologiques
Théâtre

Format
Le format choisi est epub (ou pdf si l'epub est vraiment indisponible).
Au besoin logiciel Calibre permet de convertir le prc en epub.
Pour Noël j'attends la mise à jour qui ferait que le Cybook Gen3 puisse aussi lire les epubs (et pas seulement le prc et les pdf).

Libres de droit
En France, sont libres de droit les ouvrages dont les auteurs et traducteurs sont décédés depuis plus de 70 ans (100 ans pour les morts au front comme Apollinaire et Alain-Fournier). Ces règles sont différentes selon les pays, tout dépend donc d'où vous téléchargez...

Les sources
Les sites que j'ai utilisé, par ordre de priorité :
http://www.ebooksgratuits.com/
http://feedbooks.com/
http://www.gutenberg.org/
http://jydupuis.apinc.org/ (pdf uniquement)
http://books.google.com/ (scan non corrigés)
http://www.inlibroveritas.net/ (nombreux fichiers epub corrompus)
http://www.liberliber.it/

Plus quelques sites dont j'ai reconverti les textes en PDF :
(pour pouvoir offrir du chinois, du japonais et de l'arménien)
http://www.aozora.gr.jp/cards/000879/card128.html
http://www.s110058824.onlinehome.us/main2.html
http://www.armenianhouse.org/

Plus un texte pdf sous Creative Commons (un des rares a être mise en forme pour liseuse).
http://exilelifestyle.com/lifestyle/free-ebook-remarkable/
J'avais aussi fait des recherches sur http://issuu.com/ et http://fr.calameo.com/ mais sans rien y retenir.

14 octobre 2009

28 % de fréquentants, dont 7 % compulsifs

Selon les enquêtes d'O.Donnat "Les pratiques culturelles des français", la fréquentation des bibliothèques municipales est passée de : 23 % en 1989, à 31 % en 1997 puis 28 % en 2008.



Pratiques culturelles des français :
1997 http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/enquete97/chap5.pdf

Par ailleurs le nombre moyen de livres lus est passé de 23 en 1989, a 21 en 1997, puis a 16 en 2008. 

***

Tout cela est un peu moins optimiste que le Credoc qui en 2006 annonçait "La fréquentation des bibliothèques a doublé depuis 1989". Il présentait une évolution de  23 % à 43 %, bibliothèques universitaires et municipales confondues.
Credoc : http://www.credoc.fr/pdf/4p/193.pdf

18 août 2009

S'acheter une vie



Le consumérisme change notre relation à l'identité et au temps, beaucoup plus que notre simple relation aux produits eux-mêmes.

Ce lien de conséquence entre identité et temps s'articule ainsi :

- L'individu ne définit plus sa place dans la société par ce qu'il produit mais par ce qu'il consomme.
- Ce consumérisme ne se définit pas par le fait de créer des besoins artificiels (toute société en crée) mais par le fait de discréditer continuellement toutes les satisfactions déjà atteintes.
- La société de consommation existe quand l'acte de choisir des produits prend le rôle central que le travail tenait auparavant dans la société des producteurs. Les envies et désirs quotidiens deviennent la principale force motrice et dirigeante de la société. 

- La société n'apparaît plus comme une cause à laquelle on sacrifie nécessairement une part de son plaisir, mais elle se manifeste sous la forme de festivals d'unité communautaire.
- Alors que le principe de réalité était autrefois géré par la société (morale, vérités, autorité, grandes causes) il est dérégulé et privatisé : l'individu doit fixer lui-même ses responsabilités et ses limites. Tâche écrasante dont il se libère auprès d'organismes commerciaux. Le principe de réalité se traduit paradoxalement par l'obligation de rechercher le plaisir.

-Le sentiment d'urgence fournit aux individus le soulagement illusoire de triompher de leur excès de possibilités, de leur inadaptation continuelle.
- Temps pointilliste, où chaque moment est séparé des autres, et apparaît illusoirement comme potentiellement plein.

Thomas Eriksen, La tyrannie de l'instant : « L'instant présent lui-même est menacé dans la mesure où l'instant suivant arrive si vite qu'il devient difficile de vivre au présent ». « Nous sommes sur le point de créer une société dans laquelle plus aucune pensée ou presque n'a plus de quelque centimètres de long. »

03 août 2009

Auto-tune the news





Des couplets sur : l'amendement climatique (dénoncé comme liberticide par les républicains), la démission de S.Palin, les lobbies pharmaceutiques, la mort de M.Jackson.


« Auto-tune the news » parodie la manière dont les journalistes et les politiques mettent en scène leurs propres émotions. Comme l'effet autotune, une émotion toute automatique.

http://thesegentlemen.blogspot.com/2009/07/auto-tune-nation-my-interview-with-evan.html

09 juin 2009

Le débat que vous avez raté sur Biblio-fr





Ceci dit nous n'avons pas beaucoup parlé non plus de l'arrêt des concours nationaux, de l'arrêt de la SDBIS, de l'arrêt de la DLL...

Loin des yeux loin du coeur....

02 juin 2009

Quel modèle de bibliothèque ?



Alors que les bibliothèques anglo-saxonnes visent à rendre service à l'usager, les bibliothèques françaises ont l'ambition de le transformer.

Cette visée « aristo-démocratique » (et sans doute issue de la Révolution française) a pu soutenir le développement des bibliothèques françaises et leur attribuer un rôle symbolique fort. Néanmoins elle est remise en question quand les chiffres d'inscriptions atteignent leur limite.

La France a subi l'influence mixte de plusieurs modèles historiques contradictoires, mais en les cumulant : La Bibliothèque d'étude + La Bibliothèque populaire + La Public Library + La Maison de la Culture. Cela fait sa richesse, mais cette universalité des tâches alourdit son fonctionnement.

L'ambition d'amener tous les usagers à la Culture n'est pas vraiment un modèle uniforme. En effet, hormis quelques caractéristiques communes comme l'accès direct et la valorisation, cette mission peut justifier toute priorité : le militantisme/le consumérisme, les nouveautés/la collection, les grosses BMVR/les BM de quartier, internet/l'imprimé, la littérature/l’information pratique, le catalogage/les heures d'ouverture... Bref les débats des bibliothécaires ne peuvent pas vraiment y trancher ce qu'il faudrait faire ou pas, car in fine toute option peut être rattachable à une légitimation « pour le public ».

D'où peut-être la tentation actuelle de simplifier les choses en adoptant le modèle de la Public Library (la bibliothèque au service de l'information et de la formation des différents types de populations), mais au risque de perdre une certaine visée universelle de la culture, à laquelle d'ailleurs les usagers français eux-mêmes sont attachés.


Quel modèle de bibliothèque ? / Ouvrage collectif paru aux Presses de l' Enssib ; décembre 2008.

30 mai 2009

Toute la richesse d'un lieu commun




Blog de Leslie Plée

Si je ne vous conseille pas Marc Levy, je vous recommande la BD de Leslie Plée qui existe aussi en version papier. Elle se termine d'ailleurs par ces mots : "Un livre, c'est pouvoir avoir le monde dans sa poche".

Bref un livre qui puisse non pas vider l'esprit mais le remplir et dessiner un horizon au monde.

22 mai 2009

Espèce de faible lecteur

DirectSoir, quotidien gratuit, 12 mars 2009.

Microtrottoir : Quelle place tient la lecture dans votre quotidien ?






Effectivement pour beaucoup de personnes ayant une pratique morcelée de la lecture, celle-ci est assimilée aux "grands classiques" du collège (qui font mal à la tête) et à quelques romans et essais contemporains (un moment de détente, de sagesse). Migraine ou aspirine.

La fatigue et l'absence de temps invoqués traduisent aussi la difficulté de concentration et de repérage.








17 mai 2009

Espèce d'usager de médiathèque



Un point de vue iconoclaste sur les usagers des médiathèques par Philippe Muray.
L'usager de médiathèque serait la figure emblématique des nouvelles classes moyennes, qui ne diposent ni des solidarités des anciennes classses populaires, ni de l'indépendance intellectuelle des anciennes classes bourgeoises.
Sa manière de vivre en société ne se ferait plus que sous le mode de la fréquentation, la fête permanente, la revendication individuelle.

« Voilà Festivus festivus : l'être qui s'est déchargé de la totalité de son existence sur l'Etat en échange de la disparition de sa liberté, disparition qu'il ne voit même pas puisqu'on réussit à le passionner avec la baliverne de réappropriation de son existence et de son environnement. »
« En terme de sociologie de bazar médiatique, il s'agit grosso modo d'achever de néantiser les classes populaires et de les transformer en public de médiathèques, c'est-à-dire en classes fréquentantes : diplômés, couches moyennes et supérieures, cadres, étudiants ; c'est-à-dire la clientèle captive de la festivisation intégrale, et dépendante pour tout le reste, dépendante de l'Etat, stato-dépendante, dépendante jusqu'à ne plus savoir comment on épluche une pomme de terre, comme on cuit un oeuf ou fait un enfant sans en appeler aux travailleurs sociaux et aux aides familiales. »

A rapprocher peut-être du sentiment toujours un peu infantilisant qu'il y a se plier aux codes et aux choix d'une bibliothèque, qu'elle soit populaire, spécialisée ou tout public.

09 mai 2009

La société malade de la gestion


Beaucoup de cadres et d'élus sont fascinés par la gestion, qu'ils assimilent à la rigueur et à l'efficacité. Or elle n'en est que le versant quantifiable et abstrait. Ses paradigmes ayant été conçus pour s'appliquer aux choses, elle ne saurait s'appliquer sans dommages aux hommes où à la société dans son ensemble.

Le contexte : le développement des industries de services.

Le téléphone et l'ordinateur sont les outils de la majorité des exécutants aujourd'hui. Ces évolutions technologiques allègent la pénibilité physique mais accroissent la pression psychique. « Ce que l'homme gagne en autonomie, il le paie en implication. » Les critères de qualité du travail étaient évidents dans le monde de l'artisanat et de l'industrie (« un mur mal agencé, ça se voit ; un moteur, ça marche ou ça ne marche pas ») , mais ils deviennent abstraits dans le monde de l'administration et des services. D'où la fonction de mobilisation psychique des outils de la gestion : les tableaux de bord semblent rassurants face à la peur de l'incertitude et de l'arbitraire.

La part bénite et la part maudite de la gestion

La gestion managériale est un outil nécessaire, qui améliore remarquablement l'efficacité, la responsabilité individuelle et l'innovation. Mais si elle se substitue au sens (qui est de produire de la richesse pour le bien commun), elle engendre alors des effets pervers : individualisme, compétition à outrance, dictature du chiffre (perçu comme objectif), instrumentalisation de l'humain, injonctions paradoxales. Elle devient une idéologie de perfection et d'oubli du négatif (des conséquences sur la société, le psychisme, l'environnement). Elle se préocuppe uniquement de la rareté matérielle et dénie toute réalité aux idées, symboles, valeurs.

« La gestion managériale est un mélange de consignes rationnelles, de prescriptions précises, d'outils de mesure sophistiqués, de techniques d'évaluation objectives, mais aussi de consignes irrationnelles, de prescriptions irréalistes, de tableaux de bord inapplicables et de jugements arbitraires. »

Rationalisation et Raison

« Beaucoup de gestionnaires entretiennent une confusion entre rationalisation et raison. La rationalisation est un mécanisme d'échange, à partir de la recherche d'un langage commun et d'un souci de clarification. Mais c'est aussi un mécanisme de défense qui, sous les apparences d'un raisonnement logique, tend à neutraliser ce qui est gênant, ce qui dérange, ce qui n'entre pas dans « sa » logique. En ce sens, la rationalisation est du côté du pouvoir, alors que la raison est du côté de la connaissance. Cette dernière n'a pas à se soumettre à un principe d'efficacité mais à un principe de recherche du sens. Or, sur bien des points, l'efficience s'oppose au sens. La connaissance doit permettre à chaque individu de rendre intelligibles son expérience, les situations qu'il rencontre, les conflits qu'il est amené à vivre. »

19 avril 2009

Overdose d'info : guérir des névroses médiatiques



Notre intérêt pour les actualités instantanées ne provient pas d'une volonté de comprendre ou d'agir, mais d'un souci d'appartenance et de sécurité psychologique.

Selon Michel Lejoyeux, il s'agit d'une névrose "raisonnable", qui derrière l'apparence de sérieux et de maîtrise permet surtout de socialiser nos émotions et angoisses. Il décrit les tendances anxieuses, hypocondriaques, narcissiques ou compulsives que peut recouvrir cet intérêt.

Il conseille de se détacher de cette fascination pour l'actualité immédiate - en lisant par exemple le journal de la veille - pour retrouver finalement une relation plus active et engagée dans la réalité. « La grandeur de l'homme est dans sa décision d'être plus fort que sa condition... et que les images qu'on lui présente. »


Antony Perkins filmé par Welles dans Le Procès

Dans une relecture intéressante, l'auteur compare le consommateur d'information aux protagonistes des romans de Kafka. S'il est incapable d'atteindre le Sens, c'est parce qu'il le projette au-delà de lui-même et se fourvoit alors dans des méandres dont il est le créateur.
« Les personnages de Kafka font d'un simple procès une affaire d'Etat tant ils ont besoin d'en comprendre les détails. Un arpenteur victime d'un malentendu souffre autant de la méprise de l'administration que de son besoin de deviner les desseins secrets du Château. Il est piégé par sa soif de connaissance, son besoin d'aller au fonds des choses et de faire toute la lumière sur son affaire. »

12 avril 2009

Les nouveaux intellos précaires


Huit ans après la publication des Intellos précaires, ses auteurs observent une systématisation dans la précarisation des métiers consacrés à la création et à la transmission d'idées : écrivains, éditeurs, journalistes, scénaristes, chercheurs et enseignants.
Cela induit une crise de l'offre de contenus culturels, dans une véritable course vers le bas : actualités uniformisées, recherche orientée sur des résultats à court terme, division par 6 du nombre d'artistes produits, fusions et reventes des maisons d'édition.
Pour dépasser l'individualisme structurel – subi ou choisi – des intellos précaires, le collectif « Sauvons la recherche », la « Charte des auteurs et illustrateurs de jeunesse », ou encore les Syndicats et Association intégrant une section « Précaires » sont décrits comme des initiatives à imiter.

« La place qu'occupe les intellectuels dans le monde économique est de plus en plus excentrée, périphérique, et leur travail minoré et dévalorisé ».

Il ne faut pas confondre le gratuit « facteur de démocratie et d'égalité » et le gratuit « stratégie de marchandisation, investissement sur vos dépenses à venir ».

« C'est celui qui conçoit le livre qui est le plus fragile de la chaîne. Le seul (enfin on l'espère) qui est rémunéré presque toujours en dessous du smic.»


(A noter p.241-253 : une approche assez équilibrée concernant la polémique du Droit de prêt en Bibliothèque. En 1998, on comptait 350 millions de livres vendus et 150 millions de livres prêtés. « Comme la bière appelle la bière, le livre appelle le livre. A certains égards, les bibliothèques jouent ce rôle de promotion par le gratuit que nous évoquions plus haut pour la lessive ou les chips. »)

05 avril 2009

Bibliopedia is back



Bibliopedia a été indisponible du 2 au 31 mars : il a fallu réinstaller complètement le logiciel, la base de donnée ayant été corrompue.

Pour y participer, l'inscription (ou la ré-inscription) est maintenant nécessaire. Inscrivez-vous, ça prend une seconde !

La rubrique bibliobuzz reviens donc également, juste à temps, pour sa republication dans le nouveau site du BBF.

17 mars 2009

Comment être un directeur de bibliothèque acceptable

(Suite aux chaînes de Marlene et Desp.Lib.: quelques photos de mon précédent bureau.)


Comment être un directeur de bibliothèque acceptable ?

Faire des réunions mais ne pas oublier quels en sont les objectifs.

Régler l’administratif récurrent dans un état d’inconsciente efficacité mécanique.

Bien ranger ses archives même si c’est ennuyeux.

Définir priorités et projets fabuleux tout en étant content du quotidien.


15 mars 2009

La lecture : toujours recommencée



J'ai acheté un Cybook en novembre dernier.
C'est l'ebook qui a le moins de boutons.

Dessus j'y ai lu :

Nouvelles histoires extraordinaires / EA Poe
Le cauchemar l'Innsmouth / Lovecraft
La croisade des enfants / Schwob
En route / JK Huysmans
Souvenirs de la maison des morts / Dostoïevski

Bref je constate que je lis des trucs glauques sur mon Cybook.

14 mars 2009

Livre électronique : c'est comme en 2008









Table ronde au Salon du Livre 14.03.09
"Livre électronique : les dernières nouveautés E-book"

* Au niveau mondial, il y a 5 fournisseurs principaux : Amazon (Kindle : pas encore débarqué en Europe, format propriétaire pour les livres) , Sony (E-Reader), Bookeen (Cybook), Irex, et Jinke (Bebook). Le produit d'une autre société, présenté au Salon, ressemble énormément au Cybook.
* Les utilisateurs : des grands lecteurs (plus motivés par la lecture que par le côté nouveauté technologique), en moyenne ce sont des hommes quadragénaires. Autre marché : les professionnels devant se déplacer avec beaucoup de documentation.
* Les évolutions attendues : verticales (tactile, connection, couleur) et horizontales (index, moteur de recherche, annotations, écran plus grand, augmentation des catalogues). La baisse des prix ne sera pas pour tout de suite en raison d'un monopole sur la construction du papier électronique.
* Le débat : la concurrence Iphone/Ebook. De même que l'on continue d'acheter des appareils photos malgré les téléphones portables, on aura également besoin d'appareils plus performant que les écrans d'Iphone pour des lectures suivies.

26 février 2009

Les bibliothèques municipales pour les nuls



J'ai eu la chance de corédiger avec Dominique Lahary les chapitres consacrés aux bibliothèques municipales, dans le classeur "Diriger un service des affaires culturelles" (chez Territorial Editions, 149 € l'abonnement : on préconisera à son DAC d'en demander l'achat au service documentation).

L'exercice consiste à synthétiser en 60 pages ce qu'un Directeur des Affaires Culturelles devrait absolument savoir sur les bibliothèques, tant d'un point de vue théorique (histoire, missions, environnement) que pratique (bâtiment, services, équipe). Pour mener un dialogue constructif avec ses bibliothécaires.

J'ai donc passé quelques jours à la bibliothèque Buffon à tirer la quintessente moëlle de la littérature professionnelle. Plutôt que de définir un idéal, je souhaitais surtout mettre en avant les pires écueils à éviter en matière de construction (le manque d'ergonomie et de polyvalence), de politique documentaire (le manque de budget, ou la quantité accumulée de documents masquant leur manque de pertinence) et d'encadrement (l'absence d'objectifs concrets, ou la fixation d'objectifs arbitraires).

Parmi les points épineux auxquels nous avons été confrontés :

* Comment expliquer à quoi sert une bibliothèque ?
Solution : différencier et cumuler "a) Les fonctions documentaires, b) Les fonctions informationnelles et cognitives, c) Les fonctions d'étude sur place, d) Les fonctions relatives au lien social."

* Comment expliquer la manière dont fonctionnent les bibliothécaires ?
Solution : "Au sein d'une même bibliothèque on rencontrera donc souvent des personnels ayant débuté leur carrière selon des statuts différents, avec des modalités de recrutements et d'intégrations divers." "La mise en place de nouvelles méthodes de travail peut être ressentie comme une remise en question du travail antérieur : il faut donc à la fois insister sur la continuité des missions exercées et pouvoir dialoguer clairement autour des évolutions souhaitées de part et d'autre. "

* Que dire de l'ouverture le dimanche ?
Solution : "L'intérêt d'une telle ouverture dominicale dépend du contexte local, des activités sociales et culturelles constatées ce jour là. Elle peut être intéressante si par exemple elle correspond au jour du marché central dans une intercommunalité, ou au jour où les étudiants et les actifs sont présents majoritairement dans la ville."
Avec les précisions nécessaires : "Pour une ouverture hebdomadaire comprise entre 18 et 36h, on estime qu'il faut multiplier par environ 1,5 à 2,5 le nombre d'agents nécessaire à la pleine ouverture des locaux, pour prévoir une équipe totale suffisante. A personnel égal, la configuration du bâtiment permet d'ouvrir plus ou moins, selon que les espaces soient cloisonnés ou non, et les postes modulables ou pas."

* Quel temps moyen indiquer pour le traitement d'un document ?
Solution : "En 1996, l'ouvrage Bibliothèques dans la Cité indiquait un temps moyen d'une heure de traitement par document (en additionnant travail de sélection, récupération des notices et catalogage, équipement, mise en place). Ce chiffre peut actuellement être revu à la baisse, étant donné les gains de temps qu'ont fait gagner les nouvelles modalités de récupération des notices."

* Comment fixer des objectifs à une bibliothèque ?
Solution : bien différencier les moyens attribués/ les objectifs attendus en quantité et qualité d'offre / l'usage qu'en fait le public.
Même si la relation entre les trois reste surtout une affaire de négociation.

09 février 2009

Stratégies éditoriales à l'heure du livre électronique

Table-ronde à Boulogne-Billancourt

* Le pdf : un format fixe (mais ayant déjà index et hyperliens), l'epub : format dynamique agrandissable (mais encore assez pauvre niveau structuration).
* La "numérisation" d'une page peut varier de 40 à 1000 € (depuis le scan océrisé jusqu'au reformatage complet). Il serait plus pertinent de structurer un document (en xml) dès sa production, et non pas au moment de sa réexploitation.
* L'encre électronique en couleur : ce serait pour dans deux ans.
* Les ventes en 2008 (selon le cofondateur de Bookeen) : 200 000 Sony Reader, 200 000 Kindle Amazon (qui arrivera bientôt en Europe), 10 000 Cybook Bookeen.
* Le marché des documents numériques est important au Japon, non pas sur les readers mais sur les smartphones : BD, nouvelles.
* Concernant la rareté des ouvrages numériques pour les 1er cycles, Couperin et les éditeurs se renvoient la balle : problème d'offre ou de demande ?
* Les approches métiers sont opposées :
** Gallimard : "Il n'existe pas encore de mode de lecture satisfaisant. Le format epub ne convient pas aux sciences humaines".
** SFR : "Nous avons 25 millions de clients, alors pour nous l'essentiel c'est d'avoir une offre importante. Nous sommes devenus disquaires, on ne voit pas pourquoi on ne pourrait pas devenir libraires".

07 février 2009

Comment le livre atteint son lecteur ?

Débat au Forum des métiers du livre.

* On ne sait jamais vraiment comment les livres atteignent leurs lecteurs : prescription des médias, bouche à oreille ?.
* On ne constate pas de gros changement dans la quantité globale des ventes ou des emprunts de livres imprimés.
* Par contre de moins en moins de titre concentrent les plus grosses ventes :
** A cause de la baisse des coûts d'impression, il y a deux fois plus de titres qu'auparavant (pour autant de ventes).
** Les lecteurs sont bombardés de sollicitations : "La durée d'un livre en librairie maintenant c'est deux heures, deux heures après sa promotion radio et tv."
** Le réseau des Fnacs uniformise les titres proposés.
* Le livre devient du texte. (Les éditeurs cherchent à publier des essais de 100 pages. On peut lire des éditions gratuitement sur internet ou sur supports mobiles. On fait des exposés via le moteur de recherche.)
* De même que l'édition ne joue plus son rôle de sélection ; la critique (imprimée ou sur internet) ne joue plus son rôle de différenciation. Elles jouent toute deux un rôle d'expansion et d'amplification.
* La liberté d'expression n'est plus menacée par la censure mais par le trop plein. Comment garantir qu'un message original puisse être entendu ?
* Internet ne permet pas vraiment de faire une sélection critique des livres, mais permet de faire exister un cercle de convivialité entre lecteurs, au delà de la promotion médiatique.

06 février 2009

Lâche tes coms

Pour pallier le manque de commentaires dans son catalogue, Worldcat agrège maintenant les critiques d'Amazon et de WeRead.
http://www.worldcat.org/oclc/50920659?tab=reviews#tabs
(Mais ça ne marche pas quand les éditions sont différentes).

Bientôt dans votre catalogue de bibliothèque française : les critiques de la BPI et de ZazieWeb ?

04 février 2009

Que faire du numérique en littérature ?

* Des sons. Fred Griot
* Des images. Philippe Vasset
* Du temps. Arnaud Maïsetti
* Un environnement de performance : François Bon
* Rien. Gwenaëlle Stubbe (à côté de qui Amélie Nothomb est un monstre de normalité)

(C'était hier soir à Bagnolet : 4 écrivains et le Net)

01 février 2009

Economie de l'hypermatériel et psychopouvoir

Economie de l'hypermatériel et psychopouvoir.
Bernard Stiegler. Mille et une nuits, 2008.

Les changements technologiques modifient notre fonctionnement conscient et inconscient.

Nous vivons dans l'hypermatériel :
Les technologies ne sont pas immatérielles, au contraire l'information y est retranscrite dans des états de matière. Cela permet une reproduction matérielle du temps et de l'espace, sur un mode fictionnel, déréalisé, transitoire. A travers la technoscience, le réel ne nous apparaît plus que comme une simple figure des possibles.

Cette technologie est un psychopouvoir :
Notre confiance dans les "consistances" (les choses qui durent, les valeurs) est détruite. Cela induit démotivation, dépression (300 000 suicides par an en Chine) et favorise les pulsions au détriment de la sublimation. Dix heures par jour des écrans capte notre attention, limitant nos capacités de rétention (mémoire) et de protention (projet).

29 janvier 2009

La télécratie contre la démocratie

La télécratie contre la démocratie
Bernard Stiegler. Flammarion, 2006 (réédition 2008).

Ce sont les intermédiaires qui permettent la démocratie,
car l'individu s'y construit progressivement (identification aux parents, à la société, aux signes).
Or la télé-vision (les écrans médiatiques) court-circuite tous ces processus.
L'intensification des flux de symboles conduit à une désymbolisation massive, à un mode pulsionnel et immédiat du désir.
L'économie de marché a conduit à une société de marché, où le marché raccourcit les processus de désirs et de développement individuel.
La déresponsabilisation des individus ne vient pas de l'Etat, mais des industries de services
(réglant le désir sous forme de concepts marketing et ne développant pas de véritable savoir-faire chez ceux qui les exécutent).

La télévision conditionne de part en part la vie politique.
La télécratie électronique n'en est encore qu'à ses début :
* soit les pouvoirs privés y accentueront la désindividualisation
* soit une nouvelle puissance publique (de politique industrielle, médiatique et éducative)
permettra de nouveaux processus d'individualisation.
Seule une redéfinition de la fonction publique (sans fonctionnaires à vie) le permettra, en ne se limitant pas
à un simple rôle de redistribution des richesses, mais en se fixant des objectifs à long terme (ceux que le marché ne peut pas assurer).

Les facteurs technologie ne déterminent pas le social, mais justement ils l'indéterminent.
C'est pourquoi les télé-technologiques constituent des forces centrifuge, mais également des énergies centripètes :
elles sont les seules voies pour retrouver des circuits de transindividuation (individualisation+socialisation).
Le web 2 est un de ces pharmakons (poison et remède) : il est positif s'il contribue à reconstituer des circuits sociaux moins courts,
mais peut également accélérer les processus d'aliénation.

25 janvier 2009

La tyrannie technologique


Collectif. Editions l'Echappée, 2007.

La tyrannie technologique

Par la technologie, les individus se croient omniscients et tout-puissants, alors même que se développe leur impuissance politique et sociale.
Par des prothèses qui brouillent leur sens, ils perdent conscience de leur limitations, au lieu de pouvoir se concentrer sur le travail qui leur permettrait de s'en accommoder ou de les dépasser.

Il faut distinguer :
* la technique : un outil qui libère l'homme, avec lequel il transforme son milieu et lui-même.
* la technologie : quand cet outil devient son propre critère, mu par la pure recherche de profit et d'innovation.
Alors que le mythe du progrès moral linéaire et constant a été rejeté, ce n'est pas le cas pour le mythe du progrès technologique impératif.

L'emprise des écrans

La télévision : n'explique pas les événements mais les crée.
Dictature du temps sur l'espace, du maintenant sur l'ici, de l'image immédiate sur le texte explicatif.
Les faits sont présentés comme plus importants que les processus et les structures. Abolition des intermédiaires.
Le spectaculaire et l'exceptionnel sont faussement présentés comme des critères du significatif.

Etre "visible", être "mis en images" devient un critère de réalité.
Culte du visible : illusion de maîtriser un monde simplement en le voyant dans les moindres détails.
Conséquences : * infantilisation, pas de temps pour construire sa compréhension. * théorie du complot (du non-visible) * inaction

Les écrans : sont anesthésiques et addictifs. Ils vident l'esprit, sans le reposer.
La télévision permet à la conscience de se plaquer sur un flux, ce qui crée un sentiment de relaxation, qui disparaît immédiatement après et nous laisse de moins bonne forme et humeur.

26 mai 2008

Le monstre transparent : pourquoi n’en avoir rien à foutre de la Culture


Le monstre transparent : pourquoi n’en avoir rien à foutre de la Culture. Claire Cros.

(le + : énonce une évidence difficile à formuler ; le - : énonce une évidence difficile à formuler).

La Culture est un monstre indéfini, inappropriable et inutile. C'est un ensemble flou inventé par l’Etat démocratique, pour asseoir sa légitimité, dans un même élan élitiste (on subventionne, hors de la légitimité acquise auprès d’un public) et relativiste (tout le monde peut y participer pour s’exprimer).

Ce n'est qu'une version dégradée du savoir humain, sciences et arts. Ce savoir, évoluant tout au long du voyage de l'humanité, donne de la profondeur à notre regard, notre sensibilité quotidienne envers le connu et envers le nouveau.

25 mai 2008

Génération participation



Le + : la contextualisation historique des besoins actuels d’expression

L’auteur utilise la Pyramide des besoins de Maslow, pour y incorporer les évolutions politiques et marketing du monde contemporain.

* Avant 1945 - Besoins physiologiques - Qualité des produits

* Guerre Froide - Besoin d’appartenance - Marques, stars, symboles

* Mondialisation - Besoins de reconnaissance – Expérimentation, expression de valeurs personnelles


Le - : aucune délimitation du concept de « participation », d’où un optimisme exagéré

La « participation » recouvre dans l’ouvrage des concepts très différents : parfois réelle démarche horizontale et partage, parfois collaboration ponctuelle, parfois simple feedback ou possibilité d’expression. (Parmi les multiples exemples, l’auteur cite aussi bien les pays qui participent aux débats à l’ONU… et les téléspectateurs qui participent à Vidéogag en envoyant leur vidéos).

Si l’ouvrage détecte des dimensions participatives dans différents domaines (sciences, technologies, consommation, politique), leur réalité et leur efficacité n’y est pas évaluée.

[La « participation », quand elle est ponctuelle, superficielle, dirigée, pourrait très bien être une infantilisation marketing, comme semblent le suggérer les pions figurés sur la couverture du livre.]

16 mai 2008

Bibliothéconomie potentielle

Deux étudiants de l’enssib ont récemment lancé des appels pour identifier « les lacunes éventuelles de l'édition en Sciences de l'Information et des Bibliothèques».

Au deuxième appel j’ai répondu cela :
Dans la catégorie "Evaluation des bibliothèques et des services" je regrette spécialement de ne pas disposer d'édition plus récente du Guide (des éditions le Moniteur) : Bibliothèques dans la cité, qui donnait des conseils pratiques pour l'organisation interne. Plus généralement, nous manquons de synthèses sur les pratiques (quelle proportion de bibliothèques font quoi) et de retours d'expériences (quelles sont les expériences qui ont marché ou pas dans les différents établissements). Des synthèses réalisées à partir des travaux des étudiants enssib et iut serait spécialement intéressantes (mais se pose le problème de la publicité des informations internes aux établissements étudiés).


Après réflexion, je me dis qu’un manque encore plus énorme et dommageable c’est l’absence d’ouvrages qui puisse jouer un rôle dans le débat public, analyser et défendre l'offre des bibliothèques dans la citoyenneté et le monde de l'information. A quoi ça pourrait ressembler d’ailleurs ?








Et pourquoi pas ?

15 mai 2008

Les dix plaies d'internet : les dangers d'un outil fabuleux



L'ouvrage de Dominique Maniez pousse plus loin l'analyse que celui d'Andrew Keen.

L'idée en est qu'Internet procure un sentiment de liberté immédiate, sentiment qui devra être contraint pour pouvoir se tranformer en pratiques de libertés réelles. La parabole de cette idée pourrait être la cryptographie, dont le développement a été nécessaire pour permettre paradoxalement plus de transparence dans le commerce électronique.

* Le sentiment de liberté procuré par internet est décrit à travers une citation de Dominique Wolton : "Autonomie, maîtrise et vitesse. Chacun peut agir, sans intermédiaire, quand il veut, sans filtre ni hiérarchie et, qui plus est, en temps réel.[...] Cela donne un sentiment de liberté absolue, voire de puissance, dont rend bien compte l'expression "surfer sur le net"."

* Dominique Maniez énumère les dangers cachés derrière ce sentiment de liberté : usage d'outils monopolistiques, non-respect des droits d'auteurs, trop-plein de publications et de commentaires inexploitables, communication réduite à son immédiateté et à sa forme, mythes cognitifs d'intelligence collective et d'éducation par les tics.

* Mais contrairement à Andrew Keen qui préconise le retour à d'anciens modèles, Dominique Maniez se prononce plutôt en faveur du déploiement de nouvelles solutions : développement de sites alternatifs concurrents, meilleure connaissance des mécanismes du réseau, facilitation des procédures de signature électronique. Pouvoir susciter, à côté de l'univers de l'anonymat, un univers où la signature authentifée permettrait d'autres développements.

Pour l'anecdote on trouve dans l'ouvrage des citations de Biblio-fr, O.Le Deuff, Figoblog et des cofondateurs de Biblioacid.

L'ouvrage m'évoque l'idée de l'articulation entre liberté formelle et liberté réelle, ou entre aliénation et médiation.

02 mai 2008

Le culte de l'amateur : comment internet détruit notre culture



Le livre d'Andrew Keen est très simplificateur mais donne à penser. A prendre comme un retour de balancier contre les discours purement web 2.0. A mon sens voici les faiblesses et les points forts de l'argumentation :

- -
L'auteur ne problématise pas du tout le statut de l'expert (qu'il assimile 1/ à un professionnel, 2/ garantissant la véracité) ni le fonctionnement traditionnel des industries culturelles. On est donc tenté d'appliquer à son texte son propre propos : « Nous constatons aujourd'hui que la révolution web 2 favorise les observations superficielles au détriment des analyses en profondeur, les opinions irréfléchies au détriment des dialectiques éclairées ».

-
L'auteur prend uniquement des exemples à charge (piratage, vidéos idiotes sur youtube, spams, plagiats, falsifications) et les met tous sur le même plan. C'est partisan et caricatural. Néanmoins force est de constater que ces utilisations superficielles ou négatives forment une part très importante des contenus web 2.0, alors que les défendeurs de celui-ci en sont souvent réduits à évoquer ses « potentialités » positives sans évaluer ses réalisations concrètes.

+
L'auteur montre que c'est insuffisant de penser qu'internet donne le pouvoir aux individus face aux médias traditionnels. Pour lui, internet oppose surtout les industries culturelles traditionnelles (qui prenaient en charge des coûts et des processus parfois long de sélection et de création) aux nouvelles industries publicitaires, qui vont chercher à capter tous les revenus. La pub va devenir plus insidieuse qu'auparavant, puisqu'elle va de plus en plus chercher à se mélanger aux contenus eux-mêmes.

++
Pour Andrew Keen, le web 2 est cannibale : si dans un premier temps il semble augmenter la diversité d'accès à des oeuvres, à moyen terme il en détruit la source. D'une part par le piratage (musique, films) voire par la simple réexploitation concurrente (Wikipedia qui prend ses sources dans des ouvrages papiers). D'autre part par l'émergence de grosses sociétés (Google en premier lieu) qui monopolisent les publicités et les sites de recommandation. L'auteur imagine un futur ou plus rien ne pourrait se développer entre les films amateurs gratuits et les blockbusters.


Bref :

  • cet ouvrage semble incapable d'envisager de nouvelles formes de création via internet et ne voit de solutions que limitantes (interdictions, blocages)

    il n'en reste pas moins qu'il pointe bien deux simplifications :

  • l'idéologie qui veut voir dans toute possibilité technique (télécharger, commenter, publier) une avancée culturelle, sans voir ce qu'elle fait perdre

  • l'idéologie qui veut nier la dimension économique de la création, sous prétexte que les industries culturelles en tiraient des bénéfices trop élevés

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