
Ceci dit nous n'avons pas beaucoup parlé non plus de l'arrêt des concours nationaux, de l'arrêt de la SDBIS, de l'arrêt de la DLL...
Loin des yeux loin du coeur....
Un bibliothécaire perdu dans l'information





Beaucoup de cadres et d'élus sont fascinés par la gestion, qu'ils assimilent à la rigueur et à l'efficacité. Or elle n'en est que le versant quantifiable et abstrait. Ses paradigmes ayant été conçus pour s'appliquer aux choses, elle ne saurait s'appliquer sans dommages aux hommes où à la société dans son ensemble.
Le contexte : le développement des industries de services.
Le téléphone et l'ordinateur sont les outils de la majorité des exécutants aujourd'hui. Ces évolutions technologiques allègent la pénibilité physique mais accroissent la pression psychique. « Ce que l'homme gagne en autonomie, il le paie en implication. » Les critères de qualité du travail étaient évidents dans le monde de l'artisanat et de l'industrie (« un mur mal agencé, ça se voit ; un moteur, ça marche ou ça ne marche pas ») , mais ils deviennent abstraits dans le monde de l'administration et des services. D'où la fonction de mobilisation psychique des outils de la gestion : les tableaux de bord semblent rassurants face à la peur de l'incertitude et de l'arbitraire.
La part bénite et la part maudite de la gestion
La gestion managériale est un outil nécessaire, qui améliore remarquablement l'efficacité, la responsabilité individuelle et l'innovation. Mais si elle se substitue au sens (qui est de produire de la richesse pour le bien commun), elle engendre alors des effets pervers : individualisme, compétition à outrance, dictature du chiffre (perçu comme objectif), instrumentalisation de l'humain, injonctions paradoxales. Elle devient une idéologie de perfection et d'oubli du négatif (des conséquences sur la société, le psychisme, l'environnement). Elle se préocuppe uniquement de la rareté matérielle et dénie toute réalité aux idées, symboles, valeurs.
« La gestion managériale est un mélange de consignes rationnelles, de prescriptions précises, d'outils de mesure sophistiqués, de techniques d'évaluation objectives, mais aussi de consignes irrationnelles, de prescriptions irréalistes, de tableaux de bord inapplicables et de jugements arbitraires. »
Rationalisation et Raison
« Beaucoup de gestionnaires entretiennent une confusion entre rationalisation et raison. La rationalisation est un mécanisme d'échange, à partir de la recherche d'un langage commun et d'un souci de clarification. Mais c'est aussi un mécanisme de défense qui, sous les apparences d'un raisonnement logique, tend à neutraliser ce qui est gênant, ce qui dérange, ce qui n'entre pas dans « sa » logique. En ce sens, la rationalisation est du côté du pouvoir, alors que la raison est du côté de la connaissance. Cette dernière n'a pas à se soumettre à un principe d'efficacité mais à un principe de recherche du sens. Or, sur bien des points, l'efficience s'oppose au sens. La connaissance doit permettre à chaque individu de rendre intelligibles son expérience, les situations qu'il rencontre, les conflits qu'il est amené à vivre. »



Bibliopedia a été indisponible du 2 au 31 mars : il a fallu réinstaller complètement le logiciel, la base de donnée ayant été corrompue.
Pour y participer, l'inscription (ou la ré-inscription) est maintenant nécessaire. Inscrivez-vous, ça prend une seconde !
La rubrique bibliobuzz reviens donc également, juste à temps, pour sa republication dans le nouveau site du BBF.
(Suite aux chaînes de Marlene et Desp.Lib.: quelques photos de mon précédent bureau.)
Faire des réunions mais ne pas oublier quels en sont les objectifs.
Régler l’administratif récurrent dans un état d’inconsciente efficacité mécanique.
Bien ranger ses archives même si c’est ennuyeux.
Définir priorités et projets fabuleux tout en étant content du quotidien.


Economie de l'hypermatériel et psychopouvoir.
La télécratie contre la démocratie


Le + : la contextualisation historique des besoins actuels d’expression
L’auteur utilise
* Avant 1945 - Besoins physiologiques - Qualité des produits
* Guerre Froide - Besoin d’appartenance - Marques, stars, symboles
* Mondialisation - Besoins de reconnaissance – Expérimentation, expression de valeurs personnelles
Le - : aucune délimitation du concept de « participation », d’où un optimisme exagéré
La « participation » recouvre dans l’ouvrage des concepts très différents : parfois réelle démarche horizontale et partage, parfois collaboration ponctuelle, parfois simple feedback ou possibilité d’expression. (Parmi les multiples exemples, l’auteur cite aussi bien les pays qui participent aux débats à l’ONU… et les téléspectateurs qui participent à Vidéogag en envoyant leur vidéos).
Si l’ouvrage détecte des dimensions participatives dans différents domaines (sciences, technologies, consommation, politique), leur réalité et leur efficacité n’y est pas évaluée.
[La « participation », quand elle est ponctuelle, superficielle, dirigée, pourrait très bien être une infantilisation marketing, comme semblent le suggérer les pions figurés sur la couverture du livre.]
Deux étudiants de l’enssib ont récemment lancé des appels pour identifier « les lacunes éventuelles de l'édition en Sciences de l'Information et des Bibliothèques».
Dans la catégorie "Evaluation des bibliothèques et des services" je regrette spécialement de ne pas disposer d'édition plus récente du Guide (des éditions le Moniteur) : Bibliothèques dans la cité, qui donnait des conseils pratiques pour l'organisation interne. Plus généralement, nous manquons de synthèses sur les pratiques (quelle proportion de bibliothèques font quoi) et de retours d'expériences (quelles sont les expériences qui ont marché ou pas dans les différents établissements). Des synthèses réalisées à partir des travaux des étudiants enssib et iut serait spécialement intéressantes (mais se pose le problème de la publicité des informations internes aux établissements étudiés).
Après réflexion, je me dis qu’un manque encore plus énorme et dommageable c’est l’absence d’ouvrages qui puisse jouer un rôle dans le débat public, analyser et défendre l'offre des bibliothèques dans la citoyenneté et le monde de l'information. A quoi ça pourrait ressembler d’ailleurs ?




- -
L'auteur ne problématise pas du tout le statut de l'expert (qu'il assimile 1/ à un professionnel, 2/ garantissant la véracité) ni le fonctionnement traditionnel des industries culturelles. On est donc tenté d'appliquer à son texte son propre propos : « Nous constatons aujourd'hui que la révolution web 2 favorise les observations superficielles au détriment des analyses en profondeur, les opinions irréfléchies au détriment des dialectiques éclairées ».
-
L'auteur prend uniquement des exemples à charge (piratage, vidéos idiotes sur youtube, spams, plagiats, falsifications) et les met tous sur le même plan. C'est partisan et caricatural. Néanmoins force est de constater que ces utilisations superficielles ou négatives forment une part très importante des contenus web 2.0, alors que les défendeurs de celui-ci en sont souvent réduits à évoquer ses « potentialités » positives sans évaluer ses réalisations concrètes.
+
L'auteur montre que c'est insuffisant de penser qu'internet donne le pouvoir aux individus face aux médias traditionnels. Pour lui, internet oppose surtout les industries culturelles traditionnelles (qui prenaient en charge des coûts et des processus parfois long de sélection et de création) aux nouvelles industries publicitaires, qui vont chercher à capter tous les revenus. La pub va devenir plus insidieuse qu'auparavant, puisqu'elle va de plus en plus chercher à se mélanger aux contenus eux-mêmes.
++
Pour Andrew Keen, le web 2 est cannibale : si dans un premier temps il semble augmenter la diversité d'accès à des oeuvres, à moyen terme il en détruit la source. D'une part par le piratage (musique, films) voire par la simple réexploitation concurrente (Wikipedia qui prend ses sources dans des ouvrages papiers). D'autre part par l'émergence de grosses sociétés (Google en premier lieu) qui monopolisent les publicités et les sites de recommandation. L'auteur imagine un futur ou plus rien ne pourrait se développer entre les films amateurs gratuits et les blockbusters.
Bref :
cet ouvrage semble incapable d'envisager de nouvelles formes de création via internet et ne voit de solutions que limitantes (interdictions, blocages)
il n'en reste pas moins qu'il pointe bien deux simplifications :
l'idéologie qui veut voir dans toute possibilité technique (télécharger, commenter, publier) une avancée culturelle, sans voir ce qu'elle fait perdre
l'idéologie qui veut nier la dimension économique de la création, sous prétexte que les industries culturelles en tiraient des bénéfices trop élevés

Alors qu'il remplissait une notice unimarc, le bibliothécaire zen remarqua : « Ca existe. Ca n'existe pas ».

Le bibliothécaire zen cherchait rien sur Google, il obtint 27,987,384 réponses.

Le bibliothécaire zen se demanda : si le web est partout, pourquoi tapes-tu des mains ?




Le bibliothécaire zen déclara à un lecteur : « Si vous ramenez ce livre après sa date de retour, vous aurez une amende. Si vous ne ramenez pas ce livre après sa date de retour, vous aurez une amende. » L'usager fut illuminé.

Le bibliothécaire zen remarqua : « Travailler à la bibliothèque sans s'attacher aux livres ni aux mots qu'ils contiennent, telle est la juste voie».
Traduit du site : http://www.laughinglibrarian.com/koans.htm


J'ai commis plusieurs documents concernant les wikis :
Articles dans le BBF
* Travail collaboratif avec un wiki : pistes à partir d'expériences de bibliothécaires.
* Colloque Wikipedia d'Octobre à la Cité des sciences.
Dans les deux cas, mon point de vue c'est : les wikis c'est super pour faire des listes, mais pour aller plus loin cela dépend de facteurs non technologiques, non web 2 : l'intelligence individuelle des rédacteurs, leur travail effectif de rédaction, leur effort d'interaction au sein d'un projet organisé.
Diaporama
J'interviens dans des formations (les wikis en bibliothèque, créer son PBwiki en interne). Gratuit ou pô cher. Invitez-moi. :-)
A priori l'utilisation la plus évidente des wikis en bibliothèque, c'est pour l'organisation de groupes projets .
http://www.slideshare.net/DLiz/urfist-wiki-2007/
Chanson
J'ai traduit la chanson Wiki-man (très important) :
Pas la peine de discuter des faits avec lui,
T'es dans ses favoris, alors fais pas le malin
Et même si c'est un sujet sur lequel il ne connaît rien
Il clique sur Modifier et c'est parti !
Wikiman ! Wikiman ! Wikiman !
Oui ! c'est toi !
Pour la plupart d'entre nous c'est une chose impensable
C'est comme vouloir archiver des écrits sur du sable
Mais ce qu'il écrit ne veut pas dire grand chose
Car trop de cuistots ça gâte la sauce.
C'est un système organisé aux USA par SirsiDynix depuis 2003, et qui me semble très percutant :
1/ Un formateur intervient en direct sur internet, en commentant un diaporama pendant 45 minutes. (Ici, Meredith Farkas parlant des wikis en bibliothèques).
2/ Durant l'intervention, les bibliothécaires internautes peuvent répondre à des QCM : dans quel type d'établissement travaillez-vous ?Utilisez-vous tel ou tel outil ? Ici environ 300 personnes répondent :
3/ Sans doute la partie la plus intéressante : à la fin, un module de chat est ouvert. Un autre présentateur lit les questions les plus intéressantes, ou représentatives, et le formateur répond immédiatement.
4/ Le tout est ensuite archivé sous format vidéo, podcast, pdf, et consultable gratuitement.Les thèmes de ces modules concernent l'informatique, le management et les publics, toujours en bibliothèques.http://www.sirsidynixinstitute.com/archive.php
Je trouve judicieux cette organisation :
Bref, ça me semblerait un bon levier pour booster la formation des bibliothécaires sur des petits modules basiques. Mais à quelles conditions ce projet serait transposable ? Aux USA il est géré par SirsiDynix (fournisseur de SIGB) et soutenu par Microsoft. En France j'ai commencé à en parler avec des responsable d'URFIST et l'ADDNB, qui trouvent l'approche pertinente.
Bibliopedia est maintenant soutenue et hébergée par l’ADDNB (Association pour le Développement des Documents Numériques en Bibliothèques).

Un bilan rapide de Bibliopedia en 21 mois :
Ce qui marche : le wiki comme support d'interventions ponctuelles. L'outil est bien adapté pour actualiser des listes, faire des repérages sur internet, des comptes-rendus. Par exemple 17 séances sur 28 ont fait l'objet d'un compte-rendu lors du congrès 2006 de l'ABF. En tout plus de 250 personnes sont intervenues au moins une fois sur le site, et une dizaine interviennent régulièrement. Certaines pages ont été complètement prises en main par des contributeurs extérieurs : Documentaliste, Belgique, Signets… + toutes les pages du domaine Informatique par 3 ou 4 bibliogeeks.
Ce qui marche moins : plus le contenu d’un article est rédigé, complexe, plus il difficile à faire évoluer de manière collaborative.
La suite ?
Structure. Faut-il limiter le site aux pages qui marchent le plus / ou tenter de développer ce qui y est moins présent (notamment les aspects stratégie, retours d’expériences) ?
Lien avec les associations de bibliothécaires. Le soutien de l’ADDNB pourra y contribuer.
Expérimentations. En test une zone "expérimentations" où les bibliothécaires-documentalistes pourraient utiliser librement des pages en fonction de leurs projets locaux (texte de travail, compte-rendu…) du moment qu'ils travaillent effectivement dessus.
http://www.bibliopedia.fr/index.php/A
http://www.bibliopedia.fr/index.php/B
etc…
Les adresses changent (désolé ^^) :
http://www.bibliopedia.fr/
http://www.bibliopedia.fr/index.php/Bibliobuzz
http://www.bibliopedia.fr/index.php/Biblioblogs
(On verra si on peut faire des URLs plus propres que ça par la suite.)
* Je ne mets plus en valeur le RSS des nouvelles pages, mais je le remplace par un flux d’actualités concernant le site.
* Les codes des bannières et icônes Bibliopedia changent.









C'est quoi ?
Une rencontre pour discuter des possibilités de coopération entre biblioblogueurs francophones. Avec les outils numériques, comment aller plus loin dans les dynamiques professionnelles ? Et pourquoi pas en lien avec une association comme l'ADDNB.
Bref l'esprit d'entreprise des Barcamps, appliqué aux bibliothécaires.
C'est quand, c'est où ?
Kotkot explique tout.
* Bibliocamp à 16h30 le 15 mars à la BPI, puis plus tard dans un café.
= Pour les biblioblogueurs
* Suivi d'une Journée d'étude "Exploiter internet pour communiquer et collaborer" 9h-17h le 16 mars à l'IRCAM.
= Pour les biblioblogueurs + les membres de l'ADDNB.
C'est qui ?
Pour s'inscrire envoyez un mail là.
Et pour que tout le monde soit au courant vous pouvez aussi vous signaler là : http://biblio.wikia.com/wiki/ADDNB
Quel lien avec la journée du 16 mars ?
Le 16, c'est une journée professionnelle de présentation d'outils numériques (blogs, wikis...).
* Des biblioblogueurs pourraient participer, par exemple en présentant chacun rapidement un billet (ou un échange, ou une thématique continue) représentatif ou intéressant de leur blog. Comment telle ressource a été trouvée, retravaillée, quelles réactions cela à suscité, comment le rédacteur a pu approfondir progressivement sa connaissance d'un domaine... Bref présenter de l'outil mais surtout du contenu.
*Les résultats des réflexions du 15 pourront être présentés aux membres de l'ADDNB s'il y a matière... de son côté l'ADDNB s'oriente déjà vers ces enjeux de mutualisation et de collaboration (voir cette enquête).





Les bibliothèques doivent-elles être réactives ou proactives ? Rattraper tant bien que mal les évolutions de la société, ou au contraire prétendre les anticiper à travers des propositions innovantes ?
Pour Bertrand Calenge (responsable de l'évaluation et de la politique documentaire à Lyon) il faut trouver une voie du milieu qui permettrait aux bibliothèques d'accompagner les changements de la société. "Nous ne faisons que servir, qu’accompagner cette collectivité, sa population, sans vraiment la guider ni seulement la suivre. Et l’accompagner, de façon professionnelle, cela signifie se remettre en question, replacer l’action dans son contexte, inventer de nouveaux moyens d’affirmer des objectifs et d’évaluer son activité." (BBF).
Applications :
* la politique documentaire réside non pas dans la formalité d'une charte, mais dans l'intégration d'objectifs par les acquéreurs. (BBF).
* récit de la mise en place de la politique documentaire à Lyon (Mémoire ENSSIB, p 85).
* le Guichet du savoir est une offre authentiquement culturelle (ARALD 213, 214, et réponse de la directrice BM d'Annecy, intitulée "Touche pas à ma bibliothèque" : 215)

La Gazette des communes (21 août "Bibliothèques : ce qu'internet va changer") présente comme une nouveauté et comme une solution le concept de bibliothèque hybride (c'est à dire = proposer en bibliothèque toutes les interfaces).
Plusieurs blogs plaident au contraire en faveur du concept de déshybridation : plutôt que de vouloir tout cumuler en interne, il vaudrait mieux se concentrer sur la création des contenus, et sur leur compatibilité avec les interfaces extérieures.
(Cercamon, "Bibliothèques numériques?", N.Morin "It's the data, stupid !", Marlene " Humanités numériques 2.0")




.
Le paradis documentaire
.
.
.
5 Exhaustivité
4 Recherche
3 Formation
2 Initiation
1 Information
0 Hors collection
.
Le purgatoire :
Objectifs et indicateurs
Charte
Evaluation des collections
Formation à la politique documentaire
.
L'enfer :
Absence de méthode
Absence de réflexion sur le rôle des bibliothèques
Incompétence
Désintérêt
Livres-Hebdo
Elus FN
Pas de budget
.
Quelques remarques sur Conspectus :
* B. Calenge a déjà souligné que l'usage de conspectus privilégiait l'usage d'étude sur les usages pratiques et loisirs. (article et débat).
* J.Pouchol propose une échelle différente, intégrant aussi les niveaux de l'enfance (article).
* Est-ce que les niveaux portent sur des collections globales (ce qui est plus cohérent intellectuellement) ou sur des documents individuels (ce qui permet de faire des statistiques) ?
* Contrairement à mon schéma dantesque, le but n'est pas l'exhaustivité. L'intérêt de la réflexion par niveau c'est justement de pouvoir se fixer un but limité.
* Pour construire un niveau, on doit d'abord compléter les précédents. Cela donne à l'usager des possibilité concrètes d'itinéraires de lecture.
Références :
T.Giappiconi : Qu'est-ce que le conspectus ?
T.Giappioni : Le Plan de développement des collections.
Conférence par B.Calenge : Acquérir en bibliothèque : un acte professionnel ?
Et pour les images : Dante Online


La Public Library Association (site, blog) est une des branches de l'American Library Association(elle rassemble 10.000 membres parmi les 64.000).
Elle a organisé une conférence à Boston du 21 au 25 mars dernier. En ligne ont trouve les tonnes de supports qui ont servi aux différents exposés. (ici, au bas de la page).
Parmi les exposés, je retiens celui des bibliothèques de Denver, qui expliquent comment elles s'adaptent aux besoins des communautés. Ces communautés, comme le rappellait Anne-Marie Bertrand au Salon du Livre, sont moins caricaturales que la vision qu'on en a souvent en France.
En effet, suite à une étude de population, les bibliothécaires de Denver ont définis six profils de besoins (patterns of consumer use)... et décidé d'adapter leur offre en concevant six profils d'établissements. Cette segmentation correspond à des ressources, mais aussi à des espaces et à des spécialisations professionnelles différentes pour les bibliothécaires.
Les six profils :
* Bibliothèque centrale : études, recherche, actualité
* Bibliothèque contemporaine : best-sellers en multiexemplaires, restauration sur place, automates de prêt.
* Bibliothèque d'apprentissage et de langues : personnel bilingue, ressources en espagnol, cours de langues.
* Bibliothèque familiale : animations grand public, soutien scolaire.
* Bibliothèque pour enfants : activités pratiques pour les enfants
* Bibliothèque en ligne : ressources en ligne téléchargeables (livres, musique, films)
L'aspect de spécialisation qui est proposé est intéressant et volontariste. Une critique "française", ou "idéaliste", serait de rétorquer que cela n'incite pas les usagers à découvrir l'universalité de la culture. L'approche américaine de Denver est de ce point de vue plus "réaliste"... mais elle échoue peut-être à proposer un modèle social global, un "forum dans la Cité".
Pourra-t-on concilier le réalisme du besoin immédiat avec l'utopie de l'offre visionnaire ?
***
Une autre opposition américo-française : en caricaturant très grossièrement, on pourrait dire que les français élaborent des théories ("qu'est-ce que le métier de bibliothécaire ?"), et que les américains sont pragmatiques sans se soucier des implications historiques ou culturelles. Mais comment concilier pragmatisme et réflexion ?
Par exemple parmi les exposés de la conférence PLA on retrouve :
"En avant ! Faites grimper votre collection d'un niveau. " Ppt. (Plus c'est emprunté, plus on achète d'exemplaires).
"Gérer les espaces : comment transformer votre bibliothèque en neuf mois, avec l'argent dont vous disposez maintenant."Pdf. (Créez des avenues centrales, comme dans un grand magasin.)
"Gérer les urgences terroristes." Ppt. (Méfiez-vous aussi des enfants).
"Comment s'adapter aux publics qui apprennent différement." Ppt. (C'est-à-dire les personnes handicapées ou ne maîtrisant pas la langue américaine)."
"Comment débuter en tant que directeur." Pdf. (Gérez les différents niveaux de priorités).

Tout d'abord les bibliothécaires ont créés des wikis destinés à des communautés restreintes de contributeurs (c'est par exemple le cas de The Shifted Librarian en octobre 2004, pour la mise en commun de flux RSS).
Puis vint le premier biblio-wiki a dimension nationale, développé entre avril et juin 2005 par Meredith Farkas pour le Congrès annuel de l'American Library Assocation , du 23 au 29 juin. C'est un wiki qui rassemble toutes les informations pratiques liées au congrès, et l'expérience est renouvelée en 2006.
Durant ce Congrès, le créateur de Wikipedia est également intervenu. Devant tant d'arguments, le bibliothécaire John Hubbard (qui gère aussi LibraryLink) s'est précipité pour créer, dès le lendemain le 30 juin, le wiki bibliothéconomique LisWiki.
Et c'est là que le drame se noue : le 4 juillet Meredith Farkas ouvre Libsuccess. Voilà donc deux wikis à vocation internationale et à thématique générale sur les bibliothèques. John Hubbard réfute le principe d'une "guerre des wikis", et argue des complémentarités et des différences des deux (message).
* Liswiki est théorique et se veut être une encyclopédie des Sciences de l'information et des bibliothèques (sans doute aussi en raison du fait qu'il n'y a pas de Projet LIS sur la Wikipedia anglophone, contrairement aux versions allemande et française).
* Libsuccess est pratique, et encourage les bibliothécaires à relater ou référencer leurs expériences réussies.
On peut déplorer que les deux projets n'aient pas fusionné, ou au contraire y voir une nécessaire pluralité d'expérimentations. Libsuccess, par son côté expérimental, a su attirer des bloggers spécialisés (sur les thèmes de services aux adolescents, ou des jeux video en bibliothèques) plutôt que de les laisser créer leurs wikis séparés. Libsuccess a aussi été nommé parmi 33 exemples remarquables de "travaux collaboratifs sur wikis"(par le site Eastwikkers). Et il a également été choisi (en prenant la place du site Webjunction) pour rassembler les références liée à la liste de (Web4lib). Un lien intéressant entre une liste de diffusion et un wiki.
M.Farkas liste les articles ayant eu le plus de succès (c'est-à-dire de contributions) : il s'agit le plus souvent de listes organisées et critiques de liens (article) . Pour elle, le wiki est un outil plus pertinent que Furl ou Delicious pour créer une véritable base commune de savoir. Elle cite également des nouvelles idées qu'ont apportées les contributeurs extérieurs (article).
Depuis, les bibliowikis généralistes se développent dans différentes langues, et c'est Liswiki qui en fournit la liste : http://www.liswiki.com/wiki/Wiki








