20 mars 2006

Table ronde Enssib au salon du livre

Lundi 20 mars, compte-rendu du débat organisé par l'Enssib :
"Tout change : soyons pragmatiques. Quoique."

Anne-Marie Bertrand, directrice de l’Enssib
Les bibliothèques sont réactives alors qu’elles devraient être proactives. Le « pragmatisme » et le consensus qui sont souvent de mise, pourraient n’être que des aveux de faiblesses, le signe d’un manque de théorisation, d’un manque de nouveau modèle de bibliothèques.
Peut-on trouver un nouveau modèle pour les bibliothèques pour orienter les changements à venir ?

Ghislaine Chartron, responsable de la Cellule veille scientifique et technologique à l’INRP
Le numérique est un facteur du changement : accélération des innovations, élargissement des concurrences, augmentation des productions. Le moteur devient le modèle central d’usage.
Les bibliothèques doivent oser et innover, en adaptant leurs formats et en proposant de nouveaux produits éditoriaux , des traitements de contenu à valeur ajoutée.
Néanmoins il n’y a pas de déterminisme technique : il s’agit souvent plus d’hybridation que de substitution (exemple : le papier, les usages, les communautés).

Dominique Lahary, directeur de la BDP du Val d’Oise
Il faut être à la fois pragmatique et visionnaire, à la fois praticien et théoricien.
Ce qui a été fait est très bien, mais les bibliothèques se heurtent maintenant au mur des 17% d’inscrits : c’est un mur numérique, social, sexuel et générationnel.
Le présupposé de la Médiathèque selon lequel « tous les supports se valent » est faux : un livre est lu en général une fois, alors qu’un morceau de musique est écouté plusieurs fois. Le présupposé selon lequel la Médiathèque est « hors marché » est également faux. Il faut en effet distinguer une gratuité publique, une gratuité marchande et la gratuité liée au don.
Les débats actuels parlent uniquement du dialogue industries/consommateurs (voir les titres d’articles de journaux « La loi sur le téléchargement » « La loi sur l’économie numérique »). Le problème est : comment faire exister l’espace public dans le débat public ?
Il faudrait reprendre en France la campagne de l’IFLA « at your library », pour pouvoir positionner la bibliothèque dans la société actuelle.

Sylvie Chevillotte, responsable Formist, Enssib.
Plusieurs exemples étrangers montrent des démarches possibles concernant la recherche en bibliothéconomie, en « library science ».
-à Berlin des étudiants ont conclu que la science des bibliothèques existait bien.
C’est l’étude « Library science : quo vadis ? »
-des tables rondes à l’American Library Association sont consacrées à la recherche bibliothéconomique
-dans plusieurs pays, dont la France, les formations de bibliothécaires incluent un volet de recherche : thèse ou recherche appliquée (stage sur place, correspondant à une demande réelle d’établissement)
-aux Etats-Unis les bibliothécaires ont un statut universitaire, ils doivent publier.
-en Australie, méthode de l'"evidence based librarianship"


Anne-Marie Bertrand, directrice de l’Enssib
En conclusion : les bibliothèques françaises ont besoin d’un nouveau modèle, accueillant, généreux, inventif, de qualité. Trois points peuvent illustrer ce propos.
-Les collections. Quelle évaluation ? Quels profils : éducatif, activiste, populiste ?
-Les horaires. Le plafond des 19h d’ouverture en moyenne, malgré les progrès techniques. Le travail interne est toujours valorisé, et la qualité de l’accueil et du renseignement est peu évaluée.
-La connaissance des bibliothèques étrangères. Elle est toujours faible et pourrait nous servir. Elle est parfois réduite à ses caricature (exemple des « minorités américaines », qui sont en fait non seulement ethniques et sexuelles, mais aussi géographiques, éducatives, etc).

Questions de la salle.
* Ces questions sont déjà anciennes. Des enquêtes sont demandées depuis longtemps sur différents sujets : qu’est-ce qu’un usager de bibliothèque ? quels sont les effets des politiques des établissements ?
* Peut-on créer une base numérique en ligne réunissant tous les mémoires des étudiants des différentes formations en bibliothéconomie ?
-AMB : l’Enssib peut avoir un rôle fédérateur sur les enquêtes et les mémoires, avec l’aide des établissement partenaires.
*Ne doit-on pas changer notre fusil d’épaule et passer d’une politique de l’offre à une politique de la demande ?
-DL : la prescription intégrale ou la réponse intégrale à la demande sont dangereuses, c’est l’évaluation de la demande qu’il faut mettre en place.
*Cette demande n’est-elle pas façonnée par les médias ?
*Il faut distinguer la « demande » et l’analyse des besoins, parfois non formulés.
*Qu’en est-il du rôle des politiques et leur vision des bibliothèques ?
-DL : Les bibliothécaires ne sont pas la seule source de légitimité, les acteurs politiques doivent être pleinement intégrés dans notre réflexion.
*Quels changements dans l’accès à l’emploi en bibliothèque ?
-DL : Le modèle actuel singe l’Etat (par les concours) tout en laissant liberté d’embauche aux collectivités. Il faudra soit obliger au recrutement après concours, soit supprimer les concours.*Il ne faudrait pas non plus singer le privé.

3 commentaires:

marlène a dit…

C'est cool, de nous faire partager ça, merci !

Sylvie Chevillotte a dit…

Quelques précisions sur mon intervention de lundi, fidèlement synthétisée, merci. l'"evidence based librarianship", méthode de recherche basée sur les faits, se pratique dans l'ensemble des pays anglosaxons. La dernière conférence sur ce sujet en Australie date de 2005. http://conferences.alia.org.au/ebl2005/conferencepapers.html
Table ronde sur la recherche de l'Amercican Library Association (ALA). http://www.ala.org/ala/lrrt/lrrt.htm

Anonyme a dit…

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